Interview. Alain Couzinié, nouveau président de la fédération de pêche du Tarn : « On peut respecter la nature et pêcher »

Chasse - Pêche, Environnement, Société Publié le 04/05/2024 à 14:01 , mis à jour à 19:38 Pauline Brassart l'essentiel Le nouveau président de la Fédération départementale des pêcheurs du Tarn a été désigné, lors d’une réunion extraordinaire du conseil d’administration suite au décès de Jean Boyer, précédent titulaire du poste. Son successeur est Alain Couzinié


Interview. Alain Couzinié, nouveau président de la fédération de pêche du Tarn : “On peut respecter la nature et pêcher”
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l’essentiel
Le nouveau président de la Fédération départementale des pêcheurs du Tarn a été désigné, lors d’une réunion extraordinaire du conseil d’administration suite au décès de Jean Boyer, précédent titulaire du poste. Son successeur est Alain Couzinié, ancien maire d’Arfons et président du conseil scientifique et prospectif du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc. Rencontre.

Après le tragique décès de Jean Boyer, le 17 avril dernier, la Fédération tarnaise de pêche (FDAAPPMA 81) vient d’élire son nouveau président, au cours d’un conseil d’administration extraordinaire. Et c’est Alain Couzinié, ancien vice-président et administrateur à la fédération depuis 2019, mais également président du conseil scientifique et prospectif du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc, qui a été désigné par ses pairs. Originaire d’Arfons, ce féru de pêche de 75 ans a désormais à cœur de poursuivre le travail entrepris par son prédécesseur. Interview.

Quelle a été votre réaction suite à votre élection à la présidence de la fédération tarnaise de pêche ?

Je suis très honoré d’avoir été choisi par mes confrères administrateurs. Depuis 2001, je suis président de l’AAPPMA d’Arfons, un poste qui me plaît tout particulièrement mais je suis très fier de succéder à Jean. Je suis conscient de la tâche avec les 44 AAPPMA que compte la fédération ainsi que les 16 000 pêcheurs qui en sont membres… il y a du boulot donc ! Mais sincèrement, je ne vois pas ça comme un travail mais plus comme un engagement.

Comment voyez-vous votre rôle de président au sein de la FDAAPPMA 81 ?

Je veux être un animateur, un facilitateur et un conciliateur au sein de cette fédération. Je compte bien m’engager dans la continuité du travail commencé par Jean Boyer, avec la référence à ce qui a été le slogan de notre profession de foi en 2022 et ça, j’y tiens beaucoup, c’est-à-dire : « Toutes les pêches pour tous ». Ça comprend toutes les techniques depuis la pêche au toc dans les petits ruisseaux jusqu’à la pratique sur des float tube ou des bateaux. Mais « toutes les pêches », c’est aussi tous les poissons, du petit vairon jusqu’aux silures. Il ne s’agit pas de dire qu’il y a des pêches nobles et d’autres qui ne le sont pas. Et « pour tous », ça regroupe les jeunes, les moins jeunes et les plus âgés ; tout le monde en fait.

Quels vont être vos premières missions ?

Ma première et principale mission sera de concilier les deux objectifs de la FDAAPPMA 81 ; d’un côté, celui développer le loisir pêche et de l’autre, de protéger le milieu aquatique. Ce qui n’est pas obligatoirement une évidence. Moi j’appelle ça la problématique des trois « P » ; je m’explique, comment un pêcheur, qui est prédateur par essence, peut-il être aussi protecteur du milieu aquatique ? C’est tout l’enjeu surtout dans le contexte actuel où la protection de l’environnement revient souvent dans les débats. Alors c’est sûr, on pourrait parler de contradiction entre la pêche et la protection des milieux mais si elle était réelle, il n’y aurait plus de poissons. Mais pour moi, l’un ne va pas sans l’autre. On peut respecter la nature et pêcher.

Quelle est votre vision de la pêche ? A-t-elle évolué selon vous ?

Je pêche depuis mon plus jeune âge. Je suis un amateur de vairon, de carnassier mais de truite surtout. Je me rappelle encore de ma première prise d’ailleurs ! Oui, la pêche a beaucoup évolué. À l’époque, notamment dans le milieu rural, on pêchait presque comme on chassait pour se nourrir et maintenant, c’est devenu de plus en plus un loisir – et c’est très bien – où le but n’est pas d’aller à la pêche comme on va à la poissonnerie mais pour le plaisir d’attraper du poisson que l’on ne tue pas et qu’on remet très souvent à l’eau. D’ailleurs, la pratique du « No kill » (« pas de mise à mort ») est en train de prendre beaucoup de place dans notre activité. C’est l’évolution actuelle et bien entendu, s’il y a toujours les anciens et les modernes, on s’achemine vers ça. Mais il faut aussi voir la pêche comme un retour à la nature ; combien de pêcheurs et moi le premier, disent qu’ils vont pêcher simplement pour se ressourcer, pour profiter du cadre et écouter le chant de l’eau dans le ruisseau.

Quels sont vos projets sur le long terme ?

J’aimerais créer une commission jeunesse pour prendre en compte la parole des jeunes pêcheurs et ainsi, faire remonter leurs demandes spécifiques pour qu’ils s’engagent davantage chez nous. On parle d’évolution de la pêche, alors ça va de pair. Les jeunes sont de plus en plus nombreux à pêcher, donc il faut les intégrer.


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Les commentaires (3)
81jo81400
Il y a 2 heures
Le 04/05/2024 à 18:38

Bravo remplier 81

Olivier_Véreux
Il y a 6 heures
Le 04/05/2024 à 15:13

« On peut respecter la nature et pêcher. »

Je suis tout disposé à indiquer à ce monsieur des spots de pêche sur lesquels il pourra trouver, pêle-mêle : restes d’emballages de matériel de pêche, bouteilles de bière, boîtes en plastique, fils en nylon…

Et s’il vient voir ses ouailles dans leurs oeuvres, il pourra entendre leur musique, les voir uriner partout, saccager des arbres pour se faire un petit feu ou pour faire de la place pour leur canne…

Dans ma vie, je n’ai jamais vu de personnes aussi peu respectueuses de la nature que les pêcheurs.

templier-81
Il y a 3 heures
Le 04/05/2024 à 17:38

encore un qui généralise. Si tu veux, nous avons plusieurs jours dans l’année où nous avons besoin de bénévole pour ramasser les déchets au bord des rivières et des étangs. Tu sais, le genre de déchet que les non pêcheurs laisse après leur pique-nique. A BON ENTENDEUR


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