Voitures, énergie… comment le Green Deal européen va bouleverser notre quotidien (et notre portefeuille)

Par Maxime T'sjoen Publié le 25 mai 2024 à 7h25 Voir mon actu Suivre Actu Bruxelles et les enjeux européens, c’est parfois loin. Mais le Green Deal, paquet de réformes afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050, c’est quelque chose qui va changer le quotidien de bon nombre de Françaises et Français.  Ce pacte vert


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Bruxelles et les enjeux européens, c’est parfois loin. Mais le Green Deal, paquet de réformes afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050, c’est quelque chose qui va changer le quotidien de bon nombre de Françaises et Français. 

Ce pacte vert, c’est du jamais vu au niveau européen. « Clairement, en cinq ans, ce sont les plus grandes réformes pour le climat qui n’ont jamais été votées », abonde, auprès d’actu.fr, Neil Makaroff, directeur du think tank Strategic Perspectives, qui promeut l’action climatique au niveau européen. « Un mandat pour le climat. »

De la fin de la vente des voitures thermiques, aux énergies renouvelables, jusqu’à la rénovation des bâtiments… tout cela aura un impact sur nos factures, nos emplois et nos modes de transport.

NOTRE DOSSIER

Faire des voitures électriques au juste prix

La mesure en tête de tout le monde : la fin de la vente de voiture thermique neuve en 2035. « Cela permet aux constructeurs de prendre le tournant de l’électrique », commente Neil Makaroff, ajoutant que cette fin des voitures thermiques sera progressive, « avec des étapes », d’ici à 2035.

Si cette date paraît proche, le directeur du think tank rappelle que la durée de vie d’une voiture est en moyenne de 15 ans, ce qui porte la fin de circulation des thermiques autour de 2050, date de l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Cette mesure permet aux investisseurs de venir dans les Hauts-de-France pour des usines. Dans la région, c’est 20 000 emplois. C’est un succès européen !

Neil MakaroffDirecteur du think tank Strategic Perspectives

La question désormais, c’est comment rendre cette mesure accessible. Le leasing social sur les véhicules électriques proposé par le gouvernement a été un franc succès. « Il y a un engouement autour de la voiture électrique, c’est bon pour le pouvoir d’achat avec la fin des factures de carburant », juge Neil Makaroff.

Cela implique donc de faire des véhicules plus petits.

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Mix énergétique ? Oui, nous sommes impactés

Autre mesure d’apparence technique, autre mesure touchant quand même le quotidien des ménages : le doublement de la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique pour arriver à 42,5 % en 2030.

« On l’a vu avec la guerre en Ukraine, l’Europe est dépendante des importations de gaz et de charbon », rappelle Neil Makaroff. « Cela peut coûter très cher, avec des menaces de coupure. »

Relocaliser la production sur le territoire européen donne davantage de souveraineté, mais permet surtout d’être moins soumis aux fluctuations des marchés internationaux. 

Avec cette mesure, les factures des ménages pourraient baisser de 7 %.

Neil MakaroffDirecteur du think tank Strategic Perspectives

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Sur la liste des réformes, ajoutons aussi celle de doubler le nombre de rénovations énergétiques en 2030.

Un échec ? « L’agriculture »

S’il est élogieux à l’égard du Green Deal, Neil Makaroff lui reconnaît un échec : le secteur agricole, épargné par les grandes réformes du pacte. « Il était prévu de diviser par deux l’usage des pesticides d’ici à 2030, mais cela a été rejeté », pointe-t-il. La réforme était jugée trop contraignante. « Ça ne permet donc pas d’accompagner les agricultuers dans la transition écologique, et sans harmonisation européenne, il y a une concurrence déloyale entre les agriculteurs de l’UE. »

Un risque de détricotage du pacte vert

Avec l’ensemble des mesures, les factures énergétiques, en comptant le carburant en moins avec les voitures électriques, « devraient baisser de 25 % », prédit Neil Makaroff. 

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    Le directeur de Strategic Pespectives tempère tout de même : « La dimension sociale devrait encore être développée dans la prochaine mandature. »

    NOTRE DOSSIER

    Et si cela va changer notre quotidien, avec une baisse attendue des émissions de gaz à effet de serre, le Green Deal n’est pas encore assuré. Jeu politique oblige, la prochaine mandature pourrait très bien détricoter le texte. « Il y a un vrai risque », confirme Neil Makaroff.

    « Si un tiers du Parlement européen est d’extrême-droite, et qu’ils votent avec la droite », le pacte vert pourrait bien être démantelé. Et d’autres questions se posent immédiatement : « Si on revient sur la fin de vente des voitures thermiques en 2035, il y a une menace sur les investissements en cours, sur les emplois et sur la course industrielle avec la Chine et les États-Unis », conclut Neil Makaroff. Sur la planète aussi. 

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