Une enquête ouverte après l’agression mortelle d’une résidente dans un grand Ehpad parisien

Une enquête a été ouverte pour éclaircir «l'éventuelle responsabilité» du plus grand Ehpad public de Paris dans la mort de l'une de ses résidentes, âgée de 76 ans et violemment agressée, a indiqué au Figaro le parquet de Paris. Cette enquête, confiée au commissariat du 20e arrondissement, a été ouverte à la suite d'une plainte


Une enquête ouverte après l’agression mortelle d’une résidente dans un grand Ehpad parisien

Une enquête a été ouverte pour éclaircir «l’éventuelle responsabilité» du plus grand Ehpad public de Paris dans la mort de l’une de ses résidentes, âgée de 76 ans et violemment agressée, a indiqué au Figaro le parquet de Paris.

Cette enquête, confiée au commissariat du 20e arrondissement, a été ouverte à la suite d’une plainte contre X, déposée le 22 avril par les fils de la défunte. Cette plainte vise les chefs d’homicide involontaire, mise en danger de la vie d’autrui et non-assistance à personne en danger. Une autre enquête en «recherche des causes de la mort» est en cours au 2e district de la police judiciaire parisienne.

«Prise en charge catastrophique»

«J’espère vraiment que la justice va prendre la mesure de ce dossier. Il est impensable de confier son proche à un tel établissement et de le retrouver mort», a réagi auprès de l’AFP l’avocat de la famille, Me Fabien Arakelian. D’après la plainte révélée par Le Monde, dont l’AFP a eu connaissance, cette femme, atteinte de troubles schizophréniques et «particulièrement vulnérable», a été agressée par un autre patient le 1er janvier 2024 au sein de l’Ehpad Alquier-Debrousse. Un agent de ménage l’a retrouvée maintenue au sol par un homme «assis sur sa tête» et couverte de griffures.

Après cette agression, son état s’est dégradé : elle refuse «de s’alimenter, de prendre ses médicaments, de se lever et de communiquer verbalement». Pourtant, l’Ehpad ne la fait consulter par «aucun médecin», s’indignent ses fils. Elle est finalement hospitalisée le 3 janvier. Les médecins lui découvrent alors un «volumineux hématome sous-dural, avec engagement cérébral». Elle décède le 12 janvier. La plainte dénonce une «prise en charge catastrophique» de l’Ehpad et son «manque de transparence», accusant l’établissement de ne pas avoir mentionné l’agression au moment de l’hospitalisation.

Ils dénoncent également des «réponses lacunaires» de l’Ehpad à leurs questions après le décès, découvrant après sa mort que leur mère avait déjà été agressée par le même patient en décembre, sans que l’Ehpad ne réagisse en prenant «les précautions nécessaires» à sa sécurité.

Quatre dysfonctionnements

Avec environ 300 résidents, cet Établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) est le plus important des 15 maisons de retraite médicalisées gérées par la Ville de Paris, sur les quelque 80 que compte la capitale. Sollicitée par l’AFP, la mairie de Paris a indiqué avoir adressé un signalement au procureur de la République au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, et avoir «diligenté une enquête administrative» avec l’Agence régionale de santé (ARS), autre autorité de tutelle.

L’enquête a pointé «quatre dysfonctionnements», dont «un défaut de protection des résidents et du personnel vis-à-vis de situations d’agression et de violence non contenues, une insuffisance en matière de filière psychiatrique et un défaut de signalement des évènements indésirables graves», le terme consacré. Le Centre d’action sociale de la Ville de Paris (CASVP), gestionnaire de l’Ehpad, et ce dernier «s’emploient à apporter des réponses aux insuffisances constatées» avec «un plan d’action» impliquant notamment le centre médico-psychologique du secteur, indique aussi la mairie.


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