Tadej Pogacar, insatiable, vise le doublé Tour d’Italie-Tour de France

Tadej Pogacar, lors de la présentation des équipes du 107e Giro, à Turin, le 2 mai 2024. LUCA BETTINI / AFP La météo, les chutes ou un improbable événement extérieur… Au départ de la 107e édition du Tour d’Italie, samedi 4 mai, à Venaria Reale, en périphérie de Turin, les adversaires de Tadej Pogacar sont à chercher


Tadej Pogacar, insatiable, vise le doublé Tour d’Italie-Tour de France
Tadej Pogacar, lors de la présentation des équipes du 107e Giro, à Turin, le 2 mai 2024.

La météo, les chutes ou un improbable événement extérieur… Au départ de la 107e édition du Tour d’Italie, samedi 4 mai, à Venaria Reale, en périphérie de Turin, les adversaires de Tadej Pogacar sont à chercher ailleurs que dans le peloton actuel, tant il est l’immense favori de l’épreuve qu’il dispute pour la première fois.

A partir de ce samedi et jusqu’au 26 mai, le Slovène de 25 ans va surtout batailler avec les seuls coureurs du passé ayant atteint son objectif de 2024 : remporter la même année le Giro et le Tour de France. Sept grands noms du cyclisme ont déjà réussi cet enchaînement qui défie les règles de la physiologie : Fausto Coppi (1949 et 1952), Jacques Anquetil (1964), Eddy Merckx (1970, 1972 et 1974), Bernard Hinault (1982 et 1985), Stephen Roche (1987), Miguel Indurain (1992 et 1993) et Marco Pantani, en 1998, année où le Tour de France avait subi la déflagration de l’affaire de dopage Festina.

« Le chemin est très long, c’est un sacré défi, mais l’objectif est très clair », a lancé Pogacar aux médias ces derniers jours. Fort de sept victoires (dont Liège-Bastogne-Liègne et les Strade Bianche) en dix courses cette saison, un ratio exceptionnel, Pogacar aborde ce Giro avec un appétit et une assurance non dissimulés.

Devenir « le meilleur de tous les temps »

Le leader de l’équipe UAE Emirates dit vouloir « cocher » sur son palmarès « toutes » les plus grandes courses et aspire à devenir rien de moins que « le meilleur de tous les temps ». Une once de prudence l’atteint toutefois en se penchant sur la carte du parcours du Tour d’Italie : « Il peut se passer tellement de choses en trois semaines. Il y aura peut-être moins de stress que sur le Tour de France, mais je m’attends à du mauvais temps, des étapes difficiles et de longues ascensions. »

Dès la première étape (140 kilomètres entre Venaria Reale et Turin), ce samedi, Pogacar pourrait avoir l’occasion d’enfiler le maillot rose de leader, à la faveur d’un profil accidenté qui correspond à son explosivité. « Ce n’est pas l’objectif principal, nuance-t-il toutefois. Il s’agit d’être en rose à Rome [le 26 mai]. Au début, il faut déjà voir comment sont les jambes. Mais si l’opportunité de gagner une étape ou de prendre le maillot rose se présente, il faut la saisir. »

La fougue de Pogacar, sa tendance à vouloir assommer la concurrence à la première occasion, quand bien même celle-ci se présenterait à une distance déraisonnable de la ligne d’arrivée, est le sujet qui interpelle les anciens du peloton. « Le doublé Giro-Tour est très difficile à réaliser, estime ainsi l’Espagnol Miguel Indurain. Il faut savoir doser ses efforts. » « Il faut être parfait pendant 21 jours, 20 ne suffisent pas. Une mauvaise journée peut tout changer », prévient également l’Italien Vincenzo Nibali, vainqueur du Tour en 2014 et du Giro en 2013 et en 2016.

Dans ce contexte de domination sans partage, ils sont quelques-uns à vouloir se battre pour les miettes que le jeune Slovène voudra bien leur laisser. L’Australien Ben O’Connor (Décathlon-AG2R La Mondiale), le Britannique Geraint Thomas (INEOS Grenadiers) et le Français Romain Bardet (DSM) ambitionnent de monter sur le podium final. Deux autres tricolores, Christophe Laporte (Visma-Lease a bike) et Julian Alaphilippe (Soudal-Quick Step), visent, eux, une ou plusieurs victoires d’étape.

Devant leur télévision, le Danois Jonas Vingegaard, le Belge Remco Evenepoel et le Slovène Primoz Roglic, tous victimes de chutes en début de saison, croiseront les doigts pour que le succès promis au leader de l’équipe UAE Emirates soit moins aisé que prévu. S’ils sont remis de leurs différentes fractures, ce sont eux qui tenteront de contrecarrer les projets de doublé de Pogacar lors du prochain Tour de France (29 juin-21 juillet).

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