Nouvelle-Calédonie : Gabriel Attal hérite d’un dossier incandescent

Gabriel Attal assiste à une réunion avec les comités de liaison sur la situation en Nouvelle-Calédonie, à Matignon, à Paris, le 17 mai 2024. JULIEN DE ROSA / VIA REUTERS Le dossier, brûlant, de la Nouvelle-Calédonie est désormais sur le bureau de Gabriel Attal. Ordre d’Emmanuel Macron. Le premier ministre, arrivé en janvier rue de Varenne, s’était


Gabriel Attal assiste à une réunion avec les comités de liaison sur la situation en Nouvelle-Calédonie, à Matignon, à Paris, le 17 mai 2024.

Le dossier, brûlant, de la Nouvelle-Calédonie est désormais sur le bureau de Gabriel Attal. Ordre d’Emmanuel Macron. Le premier ministre, arrivé en janvier rue de Varenne, s’était, jusqu’ici, tenu à bonne distance des affaires de l’archipel, réputées des plus complexes.

Mais il n’est pas du genre « à se défiler », assure-t-on dans son entourage, où l’on décrit un chef du gouvernement qui a basculé ces derniers jours dans une forme de gravité. L’embrasement de Nouméa, provoqué par l’examen puis le vote au Parlement, mercredi 15 mai, du projet de révision constitutionnelle du corps électoral, a conduit le président de la République à faire monter en première ligne le jeune locataire de Matignon.

Le voici tenu de rétablir, aux côtés du ministre de l’intérieur et des outre-mer, Gérald Darmanin, un dialogue avec les représentants indépendantistes et loyalistes de Nouvelle-Calédonie.

« Le gouvernement est aux manettes, le premier ministre et Gérald [Darmanin] », se félicite-t-on à l’Elysée, où l’on rêve de reprendre rapidement les négociations afin de finaliser la réforme. « L’idée, c’est d’avancer vite », lance-t-on dans l’entourage du chef de l’Etat, où l’on semble ignorer les plaidoyers de spécialistes appelant à éviter toute précipitation dans ce dossier abrasif.

En imposant Gabriel Attal sur le devant de la scène néo-calédonienne, Emmanuel Macron tente de réparer l’un de ses impairs. Alors que le dossier est, depuis toujours, géré par Matignon, le chef de l’Etat avait fait le choix, depuis 2020 et le départ d’Edouard Philippe, de le confier à ses ministres des outre-mer, Sébastien Lecornu puis Gérald Darmanin.

Le premier ministre ne connaît guère le Caillou

Auditionnés à l’Assemblée nationale entre le 30 avril et le 2 mai, les trois anciens premiers ministres, Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault et Edouard Philippe, inquiets de l’évolution de la situation en Nouvelle-Calédonie, avaient réclamé que le chef du gouvernement reprenne en main le dossier. Une question de « mémoire » et de « tradition » pour les Kanak, explique Manuel Valls moquant, sur la chaîne France 5, le 16 mai, « le nouveau monde [dont se réclament les macronistes] qui veut tout changer ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Nouvelle-Calédonie : ces trois ans qui ont conduit à l’embrasement

Mais, il y a un « mais ». Gabriel Attal, 35 ans, ne connaît guère le Caillou, où il n’a jamais mis les pieds. L’ancien porte-parole du gouvernement n’était pas encore né lorsque furent signés, en 1988, les accords de Matignon mettant fin à quatre années de quasi-guerre civile. Il a « la connaissance qu’a un premier ministre quatre mois après avoir rejoint Matignon », selon un de ses collaborateurs.

Il vous reste 61.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

,

Gabriel Attal assiste à une réunion avec les comités de liaison sur la situation en Nouvelle-Calédonie, à Matignon, à Paris, le 17 mai 2024.

Le dossier, brûlant, de la Nouvelle-Calédonie est désormais sur le bureau de Gabriel Attal. Ordre d’Emmanuel Macron. Le premier ministre, arrivé en janvier rue de Varenne, s’était, jusqu’ici, tenu à bonne distance des affaires de l’archipel, réputées des plus complexes.

Mais il n’est pas du genre « à se défiler », assure-t-on dans son entourage, où l’on décrit un chef du gouvernement qui a basculé ces derniers jours dans une forme de gravité. L’embrasement de Nouméa, provoqué par l’examen puis le vote au Parlement, mercredi 15 mai, du projet de révision constitutionnelle du corps électoral, a conduit le président de la République à faire monter en première ligne le jeune locataire de Matignon.

Le voici tenu de rétablir, aux côtés du ministre de l’intérieur et des outre-mer, Gérald Darmanin, un dialogue avec les représentants indépendantistes et loyalistes de Nouvelle-Calédonie.

« Le gouvernement est aux manettes, le premier ministre et Gérald [Darmanin] », se félicite-t-on à l’Elysée, où l’on rêve de reprendre rapidement les négociations afin de finaliser la réforme. « L’idée, c’est d’avancer vite », lance-t-on dans l’entourage du chef de l’Etat, où l’on semble ignorer les plaidoyers de spécialistes appelant à éviter toute précipitation dans ce dossier abrasif.

En imposant Gabriel Attal sur le devant de la scène néo-calédonienne, Emmanuel Macron tente de réparer l’un de ses impairs. Alors que le dossier est, depuis toujours, géré par Matignon, le chef de l’Etat avait fait le choix, depuis 2020 et le départ d’Edouard Philippe, de le confier à ses ministres des outre-mer, Sébastien Lecornu puis Gérald Darmanin.

Le premier ministre ne connaît guère le Caillou

Auditionnés à l’Assemblée nationale entre le 30 avril et le 2 mai, les trois anciens premiers ministres, Manuel Valls, Jean-Marc Ayrault et Edouard Philippe, inquiets de l’évolution de la situation en Nouvelle-Calédonie, avaient réclamé que le chef du gouvernement reprenne en main le dossier. Une question de « mémoire » et de « tradition » pour les Kanak, explique Manuel Valls moquant, sur la chaîne France 5, le 16 mai, « le nouveau monde [dont se réclament les macronistes] qui veut tout changer ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Nouvelle-Calédonie : ces trois ans qui ont conduit à l’embrasement

Mais, il y a un « mais ». Gabriel Attal, 35 ans, ne connaît guère le Caillou, où il n’a jamais mis les pieds. L’ancien porte-parole du gouvernement n’était pas encore né lorsque furent signés, en 1988, les accords de Matignon mettant fin à quatre années de quasi-guerre civile. Il a « la connaissance qu’a un premier ministre quatre mois après avoir rejoint Matignon », selon un de ses collaborateurs.

Il vous reste 61.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.