« Lucien Georgelin est à quelques semaines de la sortie » : le confiturier, en redressement judiciaire, se voit accorder un nouveau délai

Justice, Virazeil, Villeneuve-sur-Lot Publié le 21/05/2024 à 21:22 , mis à jour à 21:24 Valentin Vié l'essentiel Mardi 21 mai, une cinquième audience devant le tribunal de commerce d’Agen était programmée pour Lucien Georgelin, dont la société a été placée en redressement judiciaire en juillet 2023. Le confiturier Lucien Georgelin, dont l’entreprise est en redressement judiciaire depuis


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Valentin Vié

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Mardi 21 mai, une cinquième audience devant le tribunal de commerce d’Agen était programmée pour Lucien Georgelin, dont la société a été placée en redressement judiciaire en juillet 2023.

Le confiturier Lucien Georgelin, dont l’entreprise est en redressement judiciaire depuis juillet 2023, était de retour devant les juges du tribunal de commerce, ce mardi 21 mai, pour une cinquième audience. Au palais de justice d’Agen, il était notamment accompagné de son avocat Me Christophe Dejean, de son expert-comptable Patrick Mauri, et de son nouveau directeur général Hervé Bonnan, pour présenter les plans de redressement de la SARL Lucien Georgelin (Virazeil) et la SARL LG Cer (éales) (Villeneuve-sur-Lot). À l’issue de l’entrevue, la juridiction a accordé un nouveau délai de six mois supplémentaires à Georgelin pour « apurer le passif et payer ses créanciers ».

« Pouvoir en être sorti d’ici la fin du mois de juillet »

« L’entreprise est totalement pérenne. L’idée est maintenant de trouver la manière la plus efficace et la plus rapide de faire homologuer les deux plans de redressement par le tribunal, confiait Me Christophe Dejean. Les gros obstacles sont derrières nous. Il reste à régler cette partie judiciaire et administrative d’accords des créanciers. Le plus dur a été fait par l’entreprise car elle est aujourd’hui parfaitement rentable. On est au bout du tunnel, à quelques semaines de la sortie. Et notre souhait, c’est de pouvoir en être sorti d’ici la fin du mois de juillet. »

« On est dans un plan d’apurement de la dette, qui est de 47 millions d’euros. Les créanciers vont être sollicités pour proposer un étalement de la dette, ajoute Patrick Mauri. Et ça va prendre quelques semaines pour que le plan soit validé par le tribunal de commerce. Ça se fera cet été. On est sur la dernière partie de la procédure, qui est la plus technique mais qui s’appuie sur les performances réalisées depuis maintenant douze mois. L’entreprise a connu de bons résultats en 2023. Et, sur 2024, on est sur l’activité qui était prévue malgré une petite période un peu plus morose puisque l’activité est plutôt tendue. Globalement, on continue à payer dans de bonnes conditions. »

« Il suffisait que nos clients nous accompagnent »

Lucien Georgelin, créateur il y a 40 ans de ce fleuron de l’industrie agroalimentaire du Lot-et-Garonne, est apparu soulagé à l’issue de ce nouveau passage devant le tribunal de commerce. « Je pense que tout le monde a compris que ce que j’avais dit au départ, à savoir : « Faites-moi confiance, je ne vous décevrai pas », confie le confiturier. Je ne parlais pas pour ne rien dire. Je n’ai pas l’habitude de tricher avec les gens, ni de leur mentir. Il suffisait que nos clients nous accompagnent, comprennent l’intérêt qu’il y avait pour eux et pour nous. C’est ce qui s’est passé. »

Ces derniers jours, le patron lot-et-garonnais a également rencontré la région Nouvelle-Aquitaine. Un nouveau rendez-vous lors duquel la collectivité lui aurait assuré de son soutien. « ça se passe merveilleusement bien avec la Région. Elle va venir au secours de l’entreprise », déclare son conseil. « Il y a des choses qui vont se passer, vous le saurez bien assez tôt, embraye Lucien Georgelin. Je pense que tout le monde a mis de l’eau dans son vin et qu’on est en train de se comprendre pour l’intéret de notre entreprise, de nos salariés et de l’économie de notre région. Je me suis toujours battu pour l’économie de mon département et j’y tiens. » La région Nouvelle-Aquitaine aurait également abandonné sa proposition de faire rentrer la coopérative agricole Terres du sud dans le capital du confiturier. Interrogé sur le sujet, le chef d’entreprise ne donnera que cette réponse énigmatique : « Ce n’est plus ce que c’était au départ ».

« On veut juste savoir ce qu’on va devenir »

Une dizaine de salariés du site de Villeneuve-sur-Lot avait fait le déplacement au palais de justice. En mars dernier, les 16 employés avaient appris que l’activité de leur usine pourrait être transférée à Virazeil, où se trouve le siège de Lucien Georgelin, ainsi que les personnels de la branche céréales. Quelques jours plus tard, lors d’un comité social d’entreprise (CSE) extraordinaire, ils ont été mis au courant de la probable vente des murs du site villeneuvois à Deuerer Pet Care pour 1,2 million d’euros. « C’est en cours de signature », a confirmé Hervé Bonnan.

« On nous a parlé d’une éventuelle fermeture du site à la fin de cette année. On veut juste savoir ce qu’on va devenir », confiait une salariée, « qui travaille depuis 20 ans dans l’entreprise ».

« Ce qui est acté aujourd’hui, c’est qu’on va vers une fusion des deux sociétés. On va proposer aux employés de venir travailler à Virazeil. Mais l’option n’est pas définitivement actée car il faut encore discuter avec eux. Les clients ne comprendraient pas qu’on abandonne les produits qu’on fait à Villeneuve. Notamment nos pâtes à tartiner, c’est ce qui a sauvé l’entreprise », a déclaré Lucien Georgelin.

« Fusionner, on est d’accord, lance un autre membre du personnel. Mais la délocalisation, c’est hors de question. Et on n’ira pas travailler à Virazeil. Ce n’est pas qu’on ne veut pas, c’est qu’on ne peut pas. Certains d’entre nous habitent à Fumel, qui est à une heure de route du nouveau site. »


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