JO 2024 : la polémique sur le refus des écologistes de faire passer la flamme olympique par Lyon relancée

Le Figaro Lyon À l'heure où tous les regards sont tournés vers Marseille à l’occasion de l'arrivée de la flamme olympique, une certaine rancœur semble gagner la classe politique lyonnaise. Avec à la clé un regain de polémique autour du choix de la majorité écologiste à la ville et à la métropole de renoncer à


Le Figaro Lyon

À l’heure où tous les regards sont tournés vers Marseille à l’occasion de l’arrivée de la flamme olympique, une certaine rancœur semble gagner la classe politique lyonnaise. Avec à la clé un regain de polémique autour du choix de la majorité écologiste à la ville et à la métropole de renoncer à s’inscrire sur le parcours de la torche, en raison du chèque de 180.000 euros demandé par le Cojo (Comité d’organisation des Jeux olympiques). Un choix également assumé de la part du département du Rhône et sa majorité de droite (Les Républicains), qui échappent pour leur part aux critiques publiées ces dernières heures.

«Face à ce spectacle on ne peut qu’en vouloir aux écologistes de priver les Lyonnais de cette fête populaire et fédératrice», a ainsi réagi sur le réseau social X Pierre Oliver, chef de file de l’opposition de droite à la ville. Une critique reprise en écho par les deux anciens protégés de Gérard Collomb, Georges Képénékian et David Kimelfel, qui l’avaient respectivement remplacé à la tête de la ville et de la métropole lors de son passage à Beauvau, avant de se présenter contre lui.

«Lyon est hors-jeux»

Dans un communiqué commun intitulé «Lyon est hors-jeux», ils reprennent les attaques en «sectarisme» et en déclinisme du rayonnement lyonnais énoncées au moment du choix, l’été dernier, de cette «mise à l’écart des festivités», selon leurs termes. Un communiqué qui s’achève avec un appel à la résonance toute particulière à deux ans des prochaines municipales. «Nous appelons toutes les forces du progrès, tous les citoyens concernés et les amoureux de notre ville à s’unir, écrivent l’ancien maire et l’ancien président de la métropole. Ensemble, nous devons œuvrer pour (…) réintégrer Lyon dans le cercle des grandes célébrations nationales et internationales»

Des banderilles qui ont cabré Bruno Bernard, président écologiste de la métropole de Lyon. Il a republié sur X un long message écrit en juin dernier, évoquant un coût «faramineux» pour le passage de la flamme. «Pas la peine de faire de l’écolobashing sur un sujet qui était transpartisan dans les critiques qui étaient adressées à cette somme, rétorque-t-il à ses opposants. La très grande majorité des départements de notre région, qui ne sont pas de mon bord politique pour la plupart, ont adopté la même position».

Des refus de départements de droite surtout

Quand leurs opposants leur font remarquer que la métropole de Lyon est la collectivité la plus puissante de France avec ses 4 milliards de budget annuels (contre 600 millions au département du Rhône par exemple), les écologistes pointent «une logique tarifaire qui n’a pas souhaité prendre en compte l’égalité territoriale» et «un choix de faire peser ce coût sur les collectivités qui ont la responsabilité des questions sociales et souvent les moins dotés». La flamme paralympique passera en revanche par Lyon le 26 août, comme l’a rappelé l’adjointe au Sports du maire lyonnais Grégory Doucet, Julie Nublat-Faure (EELV).

Bruno Bernard souligne enfin que sur la trentaine de départements ayant refusé le passage de la flamme, la plupart sont de droite, et seul le sien (la métropole de Lyon a absorbé les compétences départementales sur son territoire depuis 2014) est écologiste. Reste une chance pourtant d’apercevoir la flamme olympique en région lyonnaise, sur le site de Sanofi, partenaire des JO, à Neuville-sur-Saône, le 21 juin. Ou en franchissant la frontière du département voisin de la Loire, où a été fondu l’acier de la torche, attendue à Saint-Étienne le 22 juin.