Harvey Weinstein sera de nouveau jugé à New York après l’annulation d’une de ses condamnations pour viol

Harvey Weinstein au tribunal criminel de Manhattan, le 1ᵉʳ mai 2024. STEVEN HIRSCH / AP L’ancien producteur de cinéma Harvey Weinstein a comparu, mercredi 1ᵉʳ mai, au tribunal de New York, pour la première fois depuis l’annulation retentissante d’une de ses condamnations pour viol et agression sexuelle, face à des procureurs décidés à obtenir un nouveau


Harvey Weinstein sera de nouveau jugé à New York après l’annulation d’une de ses condamnations pour viol
Harvey Weinstein au tribunal criminel de Manhattan, le 1ᵉʳ mai 2024.

L’ancien producteur de cinéma Harvey Weinstein a comparu, mercredi 1ᵉʳ mai, au tribunal de New York, pour la première fois depuis l’annulation retentissante d’une de ses condamnations pour viol et agression sexuelle, face à des procureurs décidés à obtenir un nouveau verdict de culpabilité. Le bureau du procureur de Manhattan, Alvin Bragg, a déclaré qu’il était déterminé à rejuger Weinstein.

M. Weinstein, accusé de viols et d’agressions sexuelles par plus d’une centaine de femmes et dont le comportement avait déclenché le mouvement #metoo, est apparu diminué, poussé sur une chaise roulante dans la salle d’audience du tribunal de Manhattan. Toujours incarcéré, parce qu’il a aussi été condamné en 2023 à seize ans de prison à Los Angeles pour viol et agressions sexuelles, c’est la première fois qu’il revient devant la justice après l’annulation, jeudi dernier, de sa condamnation à vingt-trois ans de prison à New York en 2020.

« Nous croyons en ce dossier, c’est pourquoi Jessica Mann [l’une des accusatrices] est ici aujourd’hui », a lancé d’emblée la procureure de Manhattan, Nicole Blumberg. « Nous avons toutes les raisons de croire que l’accusé sera de nouveau reconnu coupable » lors d’un second procès, a-t-elle ajouté.

Un procès érigé en symbole

L’annulation de la condamnation d’Harvey Weinstein à New York a été vécue comme un affront et un retour en arrière pour le mouvement #metoo contre les violences faites aux femmes. Les révélations sur Harvey Weinstein en 2017 avaient provoqué une onde de choc mondiale et son procès avait été érigé en symbole.

L’ancien producteur y avait été condamné à vingt-trois ans de prison pour l’agression sexuelle de l’ancienne assistante de production Mimi Haleyi, en 2006, et le viol de l’actrice Jessica Mann, en 2013, après un procès où plusieurs autres femmes accusant Harvey Weinstein d’actes similaires, mais ne pouvant être poursuivis pénalement, avaient témoigné. Selon la cour d’appel de New York, des témoignages d’autres victimes présumées avaient été admis « de façon erronée » et avaient « dépeint une image hautement préjudiciable » de l’accusé. Selon la cour, « la solution à ces erreurs choquantes est un nouveau procès ».

La cour d’appel s’est montrée divisée sur la question, avec quatre juges se prononçant pour l’annulation et trois contre, après un vif débat. « La cour continue à contrecarrer les victoires régulières pour lesquelles les survivantes de violences sexuelles se sont battues », a ainsi regretté Madeline Singas, l’une des juges s’étant prononcée contre l’annulation. Selon elle, les femmes « qui portent le traumatisme de violences sexuelles » ont été « oubliées ». Mimi Haley a annoncé vendredi qu’elle envisageait de témoigner à nouveau si un second procès avait lieu à New York.

Le Monde avec AFP

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