Guerre Israël-Hamas : 110.000 Gazaouis ont fui Rafah, menacée d’un assaut israélien

Plus de 100.000 Gazaouis ont fui Rafah, menacée d'un assaut israélien, selon l’ONU. Israël multiplie vendredi les frappes dans la bande de Gaza après le départ, sans accord, des deux camps de la table des négociations visant à arracher une trêve et empêcher une offensive israélienne sur Rafah. Aux premières heures vendredi, des équipes de l'AFP


Plus de 100.000 Gazaouis ont fui Rafah, menacée d’un assaut israélien, selon l’ONU. Israël multiplie vendredi les frappes dans la bande de Gaza après le départ, sans accord, des deux camps de la table des négociations visant à arracher une trêve et empêcher une offensive israélienne sur Rafah. Aux premières heures vendredi, des équipes de l’AFP ont fait état de tirs d’artillerie israéliens vers Rafah, à la frontière égyptienne, et des témoins de frappes aériennes et de combats dans la ville de Gaza (nord). Le Figaro fait le point sur les derniers évènements liés au conflit.

110.000 Gazaouis ont fui Rafah, menacée d’un assaut israélien, selon l’ONU

Selon l’ONU, environ 110.000 personnes ont désormais fui la ville de Rafah -menacée d’un assaut à grande échelle par l’armée israélienne – vers des zones qu’elles jugent moins dangereuses sur l’étroit territoire palestinien, ont indiqué des responsables de l’ONU vendredi.

«Quelque 30.000 personnes fuient la ville chaque jour», a indiqué le responsable du bureau des Affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) pour Gaza, Georgios Petropoulos, précisant que «la plupart de ces gens ont déjà dû se déplacer à 5 ou 6 reprises» depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas.

Certains ont pris le chemin de Khan Younès, une ville en ruines à quelques kilomètres au nord, tandis que d’autres se demandaient où aller dans le territoire palestinien surpeuplé. «Les chars, l’artillerie et le bruit des bombardements sont incessants. Les gens ont peur et veulent chercher un endroit sûr», a raconté à l’AFP un déplacé, Abdel Rahman.

Frappes sur Gaza, le Hamas et Israël quittent les pourparlers du Caire

Le Hamas a envoyé un message aux autres factions palestiniennes pour expliquer son point de vue sur l’état des négociations indirectes avec Israël qui se déroulaient depuis mercredi au Caire. «La délégation a quitté le Caire pour Doha. L’occupation a rejeté la proposition soumise par les médiateurs que nous avions acceptée. En conséquence, la balle est désormais entièrement dans le camp de l’occupation», nom donné à Israël par le mouvement islamiste, a-t-il indiqué dans cette lettre.

Les représentants du Hamas et d’Israël ont quitté Le Caire après «deux jours de négociations», avait rapporté le média Al-Qahera News, proche du renseignement égyptien, précisant que les efforts des pays médiateurs (Égypte, Qatar, États-Unis) «se poursuivent pour rapprocher les points de vue des deux parties».

L’Égypte appelle Hamas et Israël à faire preuve de «flexibilité» pour une trêve à Gaza

L’Égypte appelle le Hamas et Israël à faire preuve de «flexibilité» afin de parvenir «dans les plus brefs délais» à une trêve dans les combats à Gaza associée à la libération d’otages, selon un communiqué de son ministère des Affaires étrangères. Lors d’un entretien téléphonique avec le secrétaire d’État américain Antony Blinken, le chef de la diplomatie égyptienne Sameh Choukri a souligné «l’importance d’exhorter les parties à faire preuve de flexibilité et à déployer tous les efforts nécessaires pour parvenir à un accord de trêve et ainsi mettre fin à la tragédie humanitaire» à Gaza, a indiqué le ministère.

Le Caire craint également que «les dangers» d’une opération israélienne à Rafah, ville gazaouie située à sa frontière, menace la «stabilité et la sécurité» de la région, poursuit la diplomatie égyptienne. Lors de cet échange, Antony Blinken a réaffirmé l’opposition des États-Unis à «une opération militaire majeure à Rafah» et à «tout déplacement forcé des Palestiniens de Gaza», a déclaré son porte-parole, Matthew Miller. Mardi, l’armée israélienne a déployé des chars dans Rafah et pris le contrôle du passage frontalier avec l’Égypte, verrouillant la principale porte d’entrée pour les convois d’aide humanitaire vers le territoire palestinien assiégé.

Empêchés de devenir membres de l’ONU, les Palestiniens en appellent à l’Assemblée générale

Après le veto américain à leur adhésion pleine et entière à l’ONU, les Palestiniens devraient obtenir vendredi grâce à l’Assemblée générale quelques droits supplémentaires au sein de l’organisation, une avancée symbolique qui a déjà provoqué la colère d’Israël. Face à la guerre à Gaza, les Palestiniens, qui ont un statut «d’État non-membre observateur», avaient relancé début avril leur requête de 2011 réclamant de devenir un État membre à part entière des Nations unies.

Pour aboutir, une telle initiative nécessite, avant un vote de l’Assemblée générale à la majorité des deux-tiers, une recommandation positive du Conseil de sécurité. Mais les États-Unis y ont mis leur veto le 18 avril. Alors les Palestiniens ont décidé de se tourner vers l’Assemblée générale, où selon plusieurs observateurs et diplomates, ils devraient recueillir une large majorité.

Le projet de résolution présentée par les Émirats arabes unis «constate que l’État de Palestine remplit les conditions requises pour devenir membre» de l’ONU, et «devrait donc être admis à l’Organisation». Il demande ainsi que le Conseil de sécurité «réexamine favorablement la question». Une perspective plus qu’improbable vu la position de Washington qui s’oppose à toute reconnaissance en dehors d’un accord bilatéral entre les Palestiniens et leur allié israélien, dont le gouvernement rejette la solution à deux États.

L’Unrwa ferme son QG de Jérusalem-Est après une tentative d’incendie par des «extrémistes israéliens»

L’Unrwa a annoncé jeudi soir fermer ses bureaux de Jérusalem-Est après que «des extrémistes israéliens» ont «mis le feu» à des zones en plein air de l’enceinte, a annoncé le patron de l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens. Jeudi soir, «des Israéliens ont mis le feu deux fois au périmètre du QG de l’Unrwa à Jérusalem-Est occupée», et ce alors que «du personnel de l’Unrwa et d’autres agences de l’ONU étaient présents» à l’intérieur, indique Philippe Lazzarini sur X, précisant qu’aucun «membre du personnel onusien n’a été blessé». «J’ai pris la décision de fermer l’enceinte jusqu’à ce que soit rétablie une sécurité adéquate», ajoute-t-il, dénonçant un «deuxième incident odieux en moins d’une semaine» commis par des «extrémistes israéliens» et dans lequel «les vies d’employés de l’ONU ont été mises gravement en danger».

Ces bureaux de l’Unrwa abritent une station-service pour les véhicules de l’agence onusienne, souligne-t-il, rappelant qu’il «est de la responsabilité de l’État d’Israël, en tant que puissance occupante, de faire en sorte que le personnel et les installations des Nations unies soient protégés en permanence». Dans une vidéo publiée sur son compte, filmée de l’extérieur de l’enceinte onusienne, on entend des manifestants clamer «Brûlez les Nations unies!», tandis que de l’autre côté de la clôture grillagée un employé de l’ONU éteint avec un tuyau d’arrosage de la végétation qui se consume.

Antony Blinken réaffirme l’opposition de Washington à tout déplacement de Palestiniens à Gaza

Les États-Unis restent opposés à tout déplacement contraint de Palestiniens sur fond de menace d’une offensive militaire majeure d’Israël à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, a indiqué jeudi Antony Blinken dans un appel téléphonique avec son homologue égyptien. Le secrétaire d’État américain a réaffirmé la «position claire du président Joe Biden selon laquelle les États-Unis ne soutiennent pas une opération militaire majeure à Rafah et le rejet par les États-Unis de tout déplacement forcé des Palestiniens de Gaza», a déclaré son porte-parole, Matthew Miller, rendant compte de l’appel avec le ministre égyptien Sameh Choukri.

L’armée israélienne a bombardé jeudi la bande de Gaza, au moment où les États-Unis menacent de cesser des livraisons d’armements à Israël en cas d’offensive majeure dans la ville surpeuplée de Rafah, à la frontière égyptienne. M. Blinken «a également exprimé le soutien des États-Unis à la réouverture du point de passage de Rafah et à la poursuite de l’acheminement d’une aide humanitaire qui est urgente», a ajouté M. Miller.