Guerre Hamas-Israël : Tsahal annonce avoir trouvé et rapatrié les corps de trois otages de Gaza

Alors qu’un premier chargement d'aide a été débarqué par la jetée provisoire installée par l’armée américaine, Israël considère «déconnectées» de la réalité les accusations de «génocide» en lien avec ses opérations dans la bande de Gaza. Enfin, de violents combats opposent Tsahal à la branche armée du Hamas dans le Nord, pendant qu’une bataille «décisive» se


Alors qu’un premier chargement d’aide a été débarqué par la jetée provisoire installée par l’armée américaine, Israël considère «déconnectées» de la réalité les accusations de «génocide» en lien avec ses opérations dans la bande de Gaza. Enfin, de violents combats opposent Tsahal à la branche armée du Hamas dans le Nord, pendant qu’une bataille «décisive» se joue à Rafah, selon Benyamin Netanyahou. Le Figaro fait le point sur la situation à Gaza ce vendredi 17 mai.

L’armée israélienne annonce avoir trouvé et rapatrié les corps de trois otages de Gaza

L’armée israélienne a annoncé vendredi avoir découvert dans la bande de Gaza les corps de trois otages israéliens enlevés lors de l’attaque menée par le Hamas le 7 octobre en Israël et les avoir rapatriés dans le pays.

L’armée israélienne a récupéré «les corps de nos otages Shani Louk, Amit Buskila et Itzhak Gelerenter, pris en otage durant le massacre commis par le Hamas le 7 octobre», a déclaré le contre-amiral Daniel Hagari, porte-parole de l’armée, précisant qu’ils avaient été «brutalement assassinés» par le Hamas en tentant de fuir le festival de musique Nova et «leur corps

L’action humanitaire est paralysée à Gaza, selon des ONG

Les organisations internationales craignent de ne pouvoir maintenir leurs opérations humanitaires dans la bande de Gaza dévastée par la guerre, entravées par la difficulté de faire entrer de l’aide et les multiples contraintes logistiques. «Il y a énormément de besoins, et il y en aura de plus en plus, et de moins en moins d’accès à la population donc c’est de plus en plus urgent» d’apporter une réponse humanitaire, résume le responsable d’une ONG européenne demandant à rester anonyme.

La bande de Gaza est quasi coupée du monde depuis une semaine et l’entrée de l’aide pratiquement interrompue depuis que l’armée israélienne a commencé des opérations terrestres à Rafah, ville de l’extrême sud de la bande de Gaza. Fermé plusieurs jours début mai après des tirs de roquettes du Hamas, Kerem Shalom, principal point d’entrée de l’aide, est officiellement ouvert, mais les organisations humanitaires affirment ne pas pouvoir y collecter l’aide entrant depuis Israël, faute de carburant et en raison de combats dans la zone. Plusieurs organisations déplorent en outre que les autorités israéliennes leur refusent des demandes d’accès à certaines zones ou n’y répondent pas.

Un premier chargement d’aide humanitaire largué sur la jetée provisoire

Un premier chargement d’aide humanitaire destiné à la population gazaouie a commencé à être débarqué vendredi matin par la jetée provisoire que des soldats américains avaient terminé d’arrimer la veille sur la côte de la bande de Gaza, a indiqué l’armée américaine sur X.

Vendredi «vers 09H00 (06H00 GMT), des camions transportant de l’aide humanitaire ont commencé à débarquer (un premier chargement) par une jetée temporaire» sur la côte de Gaza, dans le cadre «d’un effort multinational pour livrer de l’aide supplémentaire aux civils palestiniens de Gaza via un couloir maritime de nature exclusivement humanitaire», indique le Commandement militaire central américain (Centcom), couvrant notamment le Proche-Orient. Le Centcom n’a pas précisé la nature de cette aide.

«Aucun soldat américain n’a été à terre à Gaza», a une nouvelle fois insisté le Centcom. À Washington, le chef adjoint du Centcom, le vice-amiral Brad Cooper, avait annoncé l’arrivée «d’environ 500 tonnes (d’aide) dans les prochains jours (…) réparties entre plusieurs bateaux». La construction de la jetée d’un coût annoncé de 320 millions de dollars selon le Pentagone, avait été annoncée en mars par le président Joe Biden, face aux restrictions imposées par Israël, allié des États-Unis, à l’acheminement terrestre de l’aide. L’aide sera remise à l’ONU qui «coordonnera sa distribution dans Gaza», avait-il indiqué.

Les accusations de «génocide» sont «déconnectées» de la réalité, déclare Israël

L’affaire de «génocide» portée contre Israël, dans laquelle l’Afrique du Sud demande à la plus haute juridiction de l’ONU d’ordonner un cessez-le-feu à Gaza, est «totalement déconnectée» de la réalité, a déclaré Israël vendredi devant les juges. «L’Afrique du Sud présente à la cour pour la quatrième fois un tableau complètement déconnecté des faits et des circonstances», a déclaré un représentant d’Israël, Gilad Noam, devant la Cour internationale de justice (CIJ), qui siège à La Haye (Pays-Bas). «Une guerre tragique est en cours mais il n’y a pas de génocide».

Pretoria a demandé à la CIJ d’enjoindre à Israël de cesser son incursion à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, essentielle selon Israël pour éliminer les militants du mouvement islamiste palestinien Hamas. Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou a qualifié de «décisive» jeudi la bataille de Rafah, après l’annonce d’une «intensification» des opérations militaires au sol dans cette ville du sud de la bande de Gaza en dépit des craintes internationales pour la population civile.

Violents combats dans le nord de Gaza, vers une bataille «décisive» à Rafah

De violents combats opposent vendredi l’armée israélienne au Hamas dans le nord de la bande de Gaza, au lendemain de l’annonce par Israël d’une «intensification» de ses opérations à Rafah, dans le Sud, en dépit des craintes internationales pour la population civile. Au huitième mois de la guerre opposant Israël au mouvement islamiste palestinien Hamas, l’armée israélienne a livré combat contre des forces palestiniennes dans le camp de réfugiés de Jabalia (nord), également visé par des bombardements aériens et tirs d’artillerie israéliens, selon des témoins.

Six personnes ont été tuées dans leur habitation bombardée, selon la Défense civile palestinienne, dont des équipes tentent de secourir d’autres habitants piégés dans les décombres. À l’extrême sud du territoire palestinien, à Rafah, la branche armée du Hamas, les brigades Ezzedine al-Qassam, a affirmé avoir ciblé avec des tirs d’obus des troupes israéliennes «stationnées au poste frontière» avec l’Égypte.