Fourgon pénitentiaire attaqué dans l’Eure : ce que l’on sait de l’assaut mortel

Une grande chasse à l’homme est en cours pour retrouver plusieurs fugitifs dont Mohamed Amra, un détenu particulièrement dangereux qui s’est évadé dans l’attaque mortelle du fourgon pénitentiaire qui le transportait à proximité d’Évreux en Normandie. À ce stade, l’attaque menée à l’arme lourde a fait au moins deux morts parmi les agents pénitentiaires, selon


Une grande chasse à l’homme est en cours pour retrouver plusieurs fugitifs dont Mohamed Amra, un détenu particulièrement dangereux qui s’est évadé dans l’attaque mortelle du fourgon pénitentiaire qui le transportait à proximité d’Évreux en Normandie.

À ce stade, l’attaque menée à l’arme lourde a fait au moins deux morts parmi les agents pénitentiaires, selon un communiqué du tribunal judiciaire de Paris. Selon nos informations, les agents, dont l’un est né en 1989 et l’autre en 1972, travaillaient au sein du pôle de rattachement des extractions judiciaires de Caen. «L’un d’entre eux laisse une femme et deux enfants qui devaient fêter leur 21e anniversaire dans deux jours», a fait savoir Éric Dupond-Moretti. «L’autre laisse une femme enceinte de cinq mois, des parents et des amis». Deux autres agents sont en urgence absolue.

Au total, l’escorte était composée de cinq agents, répartis entre un fourgon et un utilitaire, nous précise une source pénitentiaire. Sur une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on aperçoit au moins cinq hommes, intégralement vêtus de noir, tirant à l’arme de guerre sur les deux véhicules.

Pas un «détenu particulièrement signalé»

L’attaque s’est produite alors que le détenu, né en mars 1994 et condamné le 10 mai 2024 par le tribunal d’Évreux pour vol avec effraction, avait été extrait de sa cellule de la maison d’arrêt d’Évreux pour être entendu par un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Rouen dans le cadre d’une procédure criminelle dans laquelle il était mis en examen notamment pour tentative d’assassinat. L’évasion s’est déroulée sur le trajet du retour de cette audition. L’homme n’était pas un détenu particulièrement signalé (DPS), mais son profil «nécessitait une escorte de niveau 3», a précisé la procureure de la République de Paris.

Après avoir abandonné le véhicule ayant servi à l’attaque, a priori une Peugeot 5008, ils auraient pris la fuite à bord d’une Audi A5 blanche et d’une BMW série 5. Les deux véhicules ont ensuite été découverts brûlés, l’un sur la commune de Vatterville, l’autre à proximité de l’hôpital d’Évreux. L’un des assaillants serait également blessé.

Toujours selon nos informations, le fugitif, Mohamed Amra surnommé «La Mouche», serait originaire du quartier de La Sablière, à Rouen. Il a déjà plusieurs condamnations criminelles à son actif, notamment pour «trafic de stupéfiants» et «tentative d’homicide». En revanche, il n’était pas fiché comme un détenu radicalisé.

«Quelle horreur»

La Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) a été saisie de l’enquête, confiée à l’office central de lutte contre la criminalité organisée (OCLCO) et la police judiciaire de Rouen. L’enquête est ouverte pour «meurtre et tentative de meurtre en bande organisée (faisant encourir la réclusion à perpétuité), évasion et bande organisée, acquisition et détention d’arme de guerre, association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime».

Le plan «Épervier» a été déclenché, avec pas moins de 200 gendarmes mobilisés dans l’Eure, ainsi que dans les départements limitrophes. «Toutes les forces sont mobilisées pour le retrouver», poursuit l’une de nos sources. Une cellule de crise a été ouverte par le gouvernement, à laquelle le ministre de la Justice s’est rendu à la mi-journée. Sur demande des forces de l’ordre, une portion de la route nationale 154 a été fermée afin de faciliter l’action des autorités. «Quelle horreur… Quelle horreur… Pas d’autre mot», a notamment réagi sur Twitter Linda Kebbab, secrétaire nationale du syndicat Un1té.