En pleine dispute conjugale, l’amant tire au fusil sur le conjoint éconduit et lui crève un œil

Justice, Tarn, Larroque Publié le 21/05/2024 à 20:39 Christophe Guguen l'essentiel Le procès de Sylvain F. s’est ouvert ce mardi 21 juin devant la cour d’assises du Tarn. Ce chasseur âgé de 66 ans est accusé de violences volontaires avec arme ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. En mai 2018, il avait tiré sur le


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Le procès de Sylvain F. s’est ouvert ce mardi 21 juin devant la cour d’assises du Tarn. Ce chasseur âgé de 66 ans est accusé de violences volontaires avec arme ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente. En mai 2018, il avait tiré sur le conjoint d’une « amie » avec qui il entretenait des relations intimes, crevant l’œil de sa victime.

Un couple qui bat de l’aile, une dispute qui dégénère et une victime mutilée à vie : c’est un sombre drame qui s’est joué en mai 2018 à Larroque, petite commune rurale de l’ouest tarnais, et qui est jugé depuis ce mardi 21 mai par la cour d’assises du Tarn.

L’accusé, Sylvain F., âgé aujourd’hui de 66 ans, entretenait une relation plus ou moins secrète avec une habitante du village, qui était pourtant déjà en couple. Le jour des faits, le 20 mai 2018, cette dernière avait décidé de se barricader au domicile conjugal pour empêcher son conjoint d’y entrer. Il s’agissait, selon elle, de le forcer à avoir une « véritable conversation » sur leurs problèmes conjugaux.

Sylvain F. l’a rejointe avant que le conjoint ne débarque. Lorsque celui-ci a constaté qu’il ne pouvait plus rentrer chez lui, il s’est énervé et a tenté de pénétrer dans le logement par une fenêtre du premier étage, en vain. Il est alors reparti en menaçant de s’en prendre aux animaux de Sylvain F., « pour les faire sortir » expliquera-t-il. L’accusé s’est dépêché de rentrer chez lui. Mais il n’a vu personne et il est revenu au domicile du couple, cette fois armé d’un fusil et de balles en caoutchouc.

« Vas-y, tire »

Le conjoint aussi est revenu et le ton a continué de monter, jusqu’à ce que Sylvain F. pointe son arme sur lui, à moins d’une dizaine de mètres. L’homme lui a alors lancé : « vas-y, tire ». Ce que l’accusé a fait… Blessé à la tête, le conjoint a été transporté en urgence au CHU de Purpan à Toulouse et immédiatement opéré mais il a perdu son œil droit.

Interpellé et placé en garde à vue, Sylvain F. a expliqué aux gendarmes de la compagnie de Gaillac qu’il avait simplement tiré pour « faire peur » au conjoint, se sentant lui-même menacé, et qu’il avait en fait visé un mur. Sur sa relation avec la femme de la victime, il assurait qu’elle n’était qu’une « amie », qui venait pourtant dîner chez lui tous les soirs…

Ce n’est qu’au premier jour du procès, ce mardi 21 mai, face aux questions insistantes de l’avocat de la partie civile, Me Pascal Nakache, qu’il a reconnu avoir eu « quelques épisodes charnels » avec elle, expliquant avoir menti lors de l’enquête puis de l’instruction « pour la protéger ».

Expertise balistique

Membre de la société de chasse de Larroque depuis plusieurs années, Sylvain F. a-t-il volontairement tiré sur la victime ou, comme il l’affirme, visé un mur derrière lui, la balle ayant pu ensuite ricocher avant de toucher le conjoint ? C’est un des enjeux du procès, qui se poursuit jusqu’au 23 mai prochain.

Au vu des investigations techniques et scientifiques réalisées sur les lieux, l’expert balistique a écarté l’hypothèse d’un tir sur le volet de la maison. Un tir direct dans l’œil est selon lui « tout à fait possible » tandis qu’un tir dans le mur, qui aurait ricoché, ne serait envisageable que si la victime était positionnée dans la zone d’éclat des débris, selon un angle précis de 16°. Mais pour les médecins qui ont examiné le conjoint, cette dernière hypothèse ne permet pas d’expliquer l’intégralité des blessures subies.


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