En direct, guerre en Ukraine : la Russie a lancé plus de 380 attaques contre des villes ukrainiennes cette semaine, affirme Volodymyr Zelensky

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En direct, guerre en Ukraine : la Russie a lancé plus de 380 attaques contre des villes ukrainiennes cette semaine, affirme Volodymyr Zelensky

En direct, guerre en Ukraine : la Russie a lancé plus de 380 attaques contre des villes ukrainiennes cette semaine, affirme Volodymyr Zelensky

Des pompiers ukrainiens s’efforcent d’éteindre un incendie sur le site d’une attaque de drone contre des installations industrielles à Kharkiv le 4 mai 2024.
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En direct, guerre en Ukraine : la Russie a lancé plus de 380 attaques contre des villes ukrainiennes cette semaine, affirme Volodymyr Zelensky

Selon le président ukrainien, les oblasts de Kharkiv, Tchernihiv, Soumy, Donetsk, Zaporijia, Mykolaïv, Kherson et Odessa ont été touchés.

Tout le live

18:34

Un bombardement blesse six personnes dans le district de Kharkiv, selon les autorités

Six personnes ont été blessées samedi après-midi à la suite du bombardement d’une entreprise civile dans le district industriel de Kharkiv, a annoncé Oleh Synehoubov, le gouverneur de la région. « Il s’agit de quatre femmes âgées de 39, 36, 21 et 18 ans, et de deux hommes de 21 ans. Les victimes présentent des blessures par explosifs. Toutes les victimes sont des employés de l’usine », précise le communiqué.

17:12

Pour Kiev, l’avis de recherche contre Volodymyr Zelensky démontre le « désespoir de la propagande et de la machine étatique russes »

Le ministère des affaires étrangères ukrainien a affirmé que l’avis de recherche contre Volodymyr Zelensky démontrait le « désespoir de la propagande et de la machine étatique russes, qui ne sait plus quoi inventer pour attirer l’attention ».

Le ministère a rappelé que Vladimir Poutine faisait lui-même l’objet d’un mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) pour la « déportation » présumée en Russie de milliers d’enfants ukrainiens. Ce mandat est « réel », contrairement aux « annonces russes sans valeur », a estimé la diplomatie ukrainienne.

Des avis de recherche ont également été lancés contre le commandant des forces terrestres de Kiev, Oleksandr Pavliouk, et l’ancien président ukrainien Petro Porochenko, selon la base de données russe.

15:51

La Russie a lancé plus de 380 attaques contre des villes ukrainiennes cette semaine, affirme Volodymyr Zelensky

L’armée russe a mené plus de 380 attaques contre des villes et des régions ukrainiennes cette semaine, selon le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sur Telegram.

« Des décisions rapides et adéquates sur la défense aérienne de l’Ukraine et la fourniture rapide d’armes à nos soldats sont ce dont nous avons besoin aujourd’hui pour protéger des vies », a-t-il déclaré.

Selon M. Zelensky, les oblasts de Kharkiv, Tchernihiv, Soumy, Donetsk, Zaporijia, Mykolaïv, Kherson et Odessa ont été touchés.

15:20

La Russie place Volodymyr Zelensky sur la liste des personnes recherchées

La Russie a lancé un avis de recherche contre le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sans rendre public son motif, selon une notice visible, samedi, sur le site du ministère de l’intérieur.

Le dirigeant est recherché « en vertu d’un article du code pénal », peut-on lire dans ce court texte, qui ne dit rien d’autre sur la nature de ces accusations.

La Russie mène, depuis février 2022, une guerre contre l’Ukraine, qu’elle présente comme un combat contre un pouvoir « nazi ».

Volodymyr Zelensky est particulièrement pris pour cible par les responsables russes. Au lendemain du lancement de son assaut, le président Vladimir Poutine avait appelé l’armée ukrainienne à le renverser.

La liste des personnes recherchées par la Russie est très fournie et comprend des personnalités russes ou étrangères, notamment ukrainiennes.

13:56

Des explosions à Kharkiv, selon le maire de la ville

« Kharkiv a été provisoirement touchée. Soyez prudents et restez dans les abris », alerte, sur Telegram samedi après-midi, Ihor Terekhov.

D’autres tirs de « missiles antiaériens » sur la ville « sont possibles », a affirmé le maire de la deuxième plus grande ville d’Ukraine.

12:33

L’armée russe a attaqué des infrastructures énergétiques dans la région de Dnipro

Dans la nuit du 3 au 4 mai, l’armée russe a attaqué des infrastructures énergétiques dans la région de Dnipro, a rapporté le service presse du ministère de l’énergie. Une sous-station a été endommagée et deux mines ont été privées d’électricité.

Le système électrique ukrainien a donc reçu une aide d’urgence de la Pologne, de la Roumanie et de la Slovaquie. Des programmes de coupure de courant sont en place dans la région de Kharkiv et à Kryvy Rih.

10:19

La Russie dit avoir abattu quatre missiles de longue portée américains, lancés par l’Ukraine, au-dessus de la Crimée

Quatre missiles ATACMS, des projectiles de longue portée de conception américaine, ont été abattus dans le ciel de la Crimée par les forces de Moscou, a déclaré samedi le ministère de la défense, rapporté par l’agence de presse Reuters, sans fournir plus de précisions.

Un responsable américain déclarait en avril que ces missiles, qui peuvent atteindre une cible située à 300 kilomètres, ont été livrés discrètement ces dernières semaines par les Etats-Unis.

Lire aussi | Les Etats-Unis incluent des missiles ATACMS de longue portée dans leurs livraisons d’armes à l’Ukraine

09:55

L’Ukraine affirme avoir abattu treize drones russes au cours de la nuit

L’armée de l’air ukrainienne affirme avoir abattu de nombreux drones russes lancés « depuis la région de Belgorod ». « Dans la nuit du 4 mai, l’ennemi a attaqué avec treize drones de type « Shahed-131/136 » et quatre missiles guidés antiaériens S-300 », ont rapporté les forces ukrainiennes dans un point quotidien publié sur Telegram.

Les treize drones ont été détruits dans les régions de Kharkiv et de Dnipropetrovsk « par des unités de missiles antiaériens de l’armée de l’air et des groupes de tir mobiles des forces de défense ukrainiennes », a affirmé l’armée.

22:44 Vos questions

L’aide américaine est-elle arrivée ou non en Ukraine?

Phil

POINT SUR LES LIVRAISONS EN MUNITIONS et ÉQUIPEMENTS MILITAIRES ?

DODUDODO78

Bonjour Phil et DODUDODO78,

Selon The New York Times, l’Ukraine a reçu « une cargaison de roquettes antiblindés, de missiles et d’obus d’artillerie de 155 millimètres » dimanche dernier : il s’agissait de la première tranche de l’aide militaire de 61 milliards de dollars approuvée par Joe Biden quelques jours auparavant.

Une deuxième cargaison contenant les mêmes armes est arrivée lundi, poursuit le quotidien américain, et des systèmes de défense antiaérienne Patriot envoyés d’Espagne ont rejoint la Pologne mardi, et devraient être transférés à l’Ukraine rapidement.

Toutefois, « les armes promises par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Allemagne (…) pourraient prendre des mois avant d’arriver en nombre suffisant pour renforcer les défenses de l’Ukraine sur le champ de bataille », note The New York Times, citant des « responsables militaires ».

21:39

Les Etats-Unis et les membres du G7 discutent d’une aide financière de 50 milliards de dollars pour l’Ukraine

Les Etats-Unis sont en pourparlers avec des partenaires pour prendre la tête d’un groupe d’alliés qui accorderait jusqu’à 50 milliards de dollars d’aide à l’Ukraine. Cette somme serait remboursée par les bénéfices tirés des actifs souverains russes qui ont été gelés, et qui rapportent des intérêts, pour la plupart en Europe.

Ce plan fait notamment l’objet de discussions au sein du G7, et les Etats-Unis œuvrent pour qu’un accord soit conclu lors de la réunion des dirigeants du G7 en Italie en juin 2024, rapporte Bloomberg.

Interrogée sur ce type d’aide financière à l’Ukraine remboursée par l’Union européenne à l’aide des avoirs russes gelés, Janet Yellen, secrétaire d’Etat au Trésor américain, a déclaré : « C’est un sujet dont nous discutons. (…) Dans l’idéal, nous aimerions que l’ensemble du G7 participe à cette initiative, et non pas que les Etats-Unis fassent cavalier seul. » a-t-elle détaillé à Bloomberg vendredi.

Lire aussi | Guerre en Ukraine : « La confiscation des avoirs publics russes constituerait une avance sur les réparations »

Le 03/05 à 20:58

Moscou met en garde les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Union européenne en cas d’attaque contre le pont de Crimée

La Russie répondra à toute agression contre la Crimée et le pont de Crimée par des représailles terribles, a déclaré Maria Zakharova, la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe.

« Je voudrais une fois de plus avertir Washington, Londres et Bruxelles que toute action agressive contre la Crimée est non seulement vouée à l’échec, mais qu’elle recevra également des représailles qui seront écrasantes », a-t-elle déclaré, cité par les agences russes.

Le 03/05 à 20:32

Volodymyr Zelensky détaille les points de discussion principaux de la conférence pour la paix en Ukraine, qui se tiendra en Suisse

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a détaillé vendredi les points principaux sur lesquels l’Ukraine veut se concentrer lors de la conférence pour la paix en Ukraine organisée en Suisse les 15 et 16 juin 2024. Parmi eux : l’énergie et la sécurité nucléaire, les questions de la libre navigation et des échanges, un échange de prisonniers sur le principe de « tous contre tous » et le retour des enfants qui ont été expulsés de force vers la Russie.

Selon lui, « si tous les pays soutiennent ces premiers points, il y aura des développements détaillés et leur solution fera l’objet d’une médiation avec les pays alliés de la partie russe ».

La Russie, qui n’a pas été invitée au sommet, a déclaré que ces pourparlers sur la paix en Ukraine n’auraient pas de sens sans la participation de la Russie. La porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a déclaré que toute action contre l’Ukraine qui « ignore la position de la Russie » est « déconnectée de la réalité ».

Le 03/05 à 20:20

Bonjour. Quelle est la réaction Russe aux déclarations récentes de Cameron?

Johnjohn

Bonjour Johnjohn,

Le Kremlin a qualifié d’« escalade directe des tensions autour du conflit » la déclaration du ministre des affaires étrangères britannique, David Cameron, selon laquelle l’armée ukrainienne peut utiliser les armes que le Royaume-Uni lui fournit pour atteindre des cibles en territoire russe.

« Il s’agit d’une escalade directe de la tension autour du conflit ukrainien, qui pourrait potentiellement constituer un danger pour la sécurité européenne », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. « C’est là que nous constatons une tendance dangereuse à l’escalade des tensions dans les déclarations officielles », a-t-il ajouté.

La porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova, a ajouté : « C’est la première fois qu’un homme politique occidental reconnaît aussi franchement ce qui est depuis longtemps un secret bien connu de la majorité des pays du monde : L’Occident mène une guerre secrète contre la Russie avec l’aide des Ukrainiens. »

Le 03/05 à 20:08

La France apporte son soutien à l’Allemagne et à la République tchèque face aux cyberattaques russes

Le ministère des affaires étrangères français a apporté vendredi « son plein soutien à l’Allemagne et à la République tchèque, qui ont récemment attribué à la Russie une campagne de cyberattaques visant différentes institutions à travers le mode opératoire APT28 ».

Le groupe APT28 est accusé d’être responsable de dizaines de cyberattaques dans le monde. Egalement connu sous le nom de Fancy Bear, il est soupçonné d’être lié aux services de renseignements militaires russes (GRU).

« Cette menace est connue de la France ; en octobre 2023, l’Anssi [Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information] a détaillé les tactiques, techniques et procédures de ce mode opératoire qui a également ciblé des organisations françaises, dont des entités gouvernementales, des entreprises, des universités ainsi que des instituts de recherche et des think tanks », détaille le Quai d’Orsay dans un communiqué.

Le ministère assure que « la France met tout en œuvre pour renforcer sa capacité à s’adapter aux cybermenaces », notamment à l’approche des élections européennes et des Jeux olympiques et paralympiques de Paris.

Lire aussi | L’Allemagne attribue à la Russie une cyberattaque contre le SPD en janvier 2023

Le 03/05 à 19:22

L’Ukraine entre dans une « nouvelle étape de la guerre », selon Volodymyr Zelensky

« Aujourd’hui, c’est déjà le 800ᵉ jour de la guerre. C’est un chemin extrêmement difficile et dur que notre Etat a dû emprunter, et devra encore parcourir pour mettre fin à la guerre dans des conditions équitables, dans les conditions de l’Ukraine », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky aux gardes-frontières lors d’une visite à Khmelnytsky.

« Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une nouvelle étape de la guerre. L’occupant se prépare à tenter d’étendre ses actions offensives », a-t-il poursuivi, déclarant à nouveau que l’Ukraine et ses alliés doivent faire « tout leur possible pour contrecarrer les plans russes ».

Le 03/05 à 19:00

L’incendie dans une usine métallurgique à Berlin n’affectera pas la production de système de défense aérienne IRIS-T, assure le groupe Diehl

L’incendie qui s’est déclenché dans les locaux de l’entreprise Diehl Metal Applications (📍), situés dans un quartier de Berlin, à Lichterfelde, n’affectera pas la production des systèmes de défense aérienne IRIS-T, qui sont notamment fournis à l’Ukraine, a rapporté l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, citant des sources au sein du groupe allemand Diehl.

Le groupe Diehl a déclaré que l’usine berlinoise touchée était spécialisée dans la galvanisation, c’est-à-dire l’application d’un revêtement protecteur sur des produits en acier destinés à l’industrie automobile. « La filiale de défense n’a pas été touchée », précise le groupe au Spiegel.

Le 03/05 à 18:39

Plus de 400 munitions contenant des substances chimiques ont été utilisées par les forces russes en avril, selon l’armée ukrainienne

Au cours du mois dernier, les forces russes ont utilisé à 444 reprises des « munitions contenant des substances chimiques dangereuses » lancées par des « groupes mobiles » et des « forces de défense », rapportent les forces armées ukrainiennes sur Telegram.

Le 03/05 à 18:16 Pour approfondir

Russell « Texas » Bentley, vie et mort d’un Américain de Donetsk

Etabli dans la ville de Donetsk depuis 2014 et les débuts de la rébellion armée dans l’est de l’Ukraine soutenue par l’armée russe, « Texas », le nom de guerre qu’il s’était choisi, s’était engagé corps et âme du côté prorusse. Il y est mort au cours du mois d’avril, à 64 ans, tué probablement par des soldats de cette même armée russe qui l’auraient pris pour un espion.

Retrouvez le portrait de Russell « Texas » Bentley par Benoît Vitkine, correspondant du Monde à Moscou :

Lire aussi | Russell « Texas » Bentley, vie et mort d’un Américain de Donetsk

Le 03/05 à 17:55 Sur le terrain

Des pompiers éteignent un incendie déclaré dans une maison privée après l’explosion d’une bombe aérienne giuidée, à Kharkiv, le 3 mai 2024.
Un enquêteur de crimes de guerre, à Kharkiv, le 3 mai 2024.
Après des frappes russes menées avec des bombes aériennes, dans l’oblast de Kharkiv, le 3 mai 2024.

Le 03/05 à 17:48

Une personne a été tuée et au moins deux blessées dans une frappe russe sur Kharkiv

Le district de Kholodnohirsky, dans la ville de Kharkiv, a été frappé par plusieurs missiles russes, rapporte le chef de l’administration militaire régionale, Oleh Synehoubov, sur Telegram, précisant que les projectiles étaient des missiles UMPB D-30.

« Une femme de 82 ans, qui était alitée depuis huit ans à la suite d’une crise cardiaque, est morte » et deux hommes de 66 et 78 ans ont été blessés, a-t-il précisé. « Trois maisons privées ont été détruites et douze ont été endommagées », a-t-il ajouté.

« Plusieurs immeubles ont été détruits, et des personnes se trouvent encore sous les décombres. Une opération de recherche et secours est lancée », a écrit le maire de la ville, Ihor Terekhov, sur Telegram.

Le contexte

Live animé par Solène L’Hénoret et Leslie Souvanlasy

Image de couverture : Des pompiers ukrainiens s’efforcent d’éteindre un incendie sur le site d’une attaque de drone contre des installations industrielles à Kharkiv le 4 mai 2024. SERGEY BOBOK / AFP

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Comment Moscou et Kiev utilisent des drones ?

Depuis plusieurs mois, la guerre des drones entre la Russie et l’Ukraine a pris une ampleur inégalée. Selon un rapport, publié en mai 2023 par un think tank britannique spécialisé dans les questions de défense, les Ukrainiens perdaient quelque 10 000 drones par mois sur le champ de bataille, soit plus de 300 par jour. A titre de comparaison, l’armée française dispose d’un peu plus de 3 000 avions sans pilote dans ses arsenaux.

Ukrainiens et Russes utilisent essentiellement de petits UAV (unmanned aerial vehicle, en anglais) d’origine civile, bon marché et disponibles en grand nombre. Ils servent à observer le champ de bataille et à guider les troupes ou les tirs d’artillerie ; certains sont aussi bricolés pour porter de petites charges explosives, larguées ensuite sur des tranchées ou des blindés.

Moins nombreux, les drones-kamikazes jouent également un rôle important. Dotés d’une charge explosive, ces UAV sont lancés au-dessus de la ligne de front sans objectif attribué à l’avance. Moscou utilise des drones russes Lancet-3, ainsi que des Shahed-136, de fabrication iranienne. Dépourvue d’une flotte de guerre digne de ce nom, l’Ukraine nargue l’ennemi avec des engins maritimes sans pilote, des petits kayaks guidés à distance et chargés d’explosifs (450 kilos de TNT).

Signe de l’importance des drones pour leurs opérations, les Ukrainiens comme les Russes se sont organisés pour pouvoir alimenter leurs troupes dans la durée, non seulement en achetant en masse des drones civils sur le marché, mais aussi en mettant sur pied des capacités de production endogènes. Balbutiante au début de la guerre du Donbass, déclenchée il y a dix ans, l’industrie nationale ukrainienne est depuis montée en puissance. A la fin d’août, le ministre de la transformation numérique ukrainien a annoncé qu’une copie du drone russe Lancet avait été mise au point et serait bientôt lancée sous le nom de Peroun, dieu slave de la foudre et du tonnerre. 

Entravée par les sanctions occidentales, qui limitent son approvisionnement en composants électroniques, la Russie est plus à la peine. Mais, selon les services de renseignement américains, Moscou aurait toutefois commencé la construction d’une usine dans la zone économique spéciale d’Alabouga, afin d’y fabriquer des drones-kamikazes de conception iranienne, comme les Shahed-136.

Que sait-on des stocks de missiles russes ?

Il est très difficile, voire impossible, de connaître l’état actuel des stocks de missiles de l’armée russe. Les services de renseignement ukrainiens communiquent régulièrement sur le sujet, mais leurs estimations sont sujettes à caution. 

Selon Andri Ioussov, porte-parole de la direction générale du renseignement du ministère de la défense (GUR), cité par Liga.net, l’armée russe disposait de 2 300 missiles balistiques ou de croisière avant la guerre et en avait encore plus de 900 au début de l’année. A ce total, s’ajoutent, d’après le porte-parole, une dizaine de milliers de missiles antiaériens S-300, d’une portée de l’ordre de 120 kilomètres, et un stock important de S-400, déclinaison plus récente d’une portée trois fois supérieure. En août, Vadym Skibitsky, numéro deux du GUR, avançait le chiffre de 585 missiles d’une portée supérieure à 500 kilomètres.

En ce qui concerne les capacités de production, elles seraient passées à une centaine de missiles balistiques ou de croisière par mois, selon plusieurs experts. En octobre, le GUR évaluait cette production à 115 exemplaires.

La Russie aurait, par ailleurs, acquis des missiles à courte portée en Iran et en Corée du Nord et continuerait à s’en procurer. Selon l’agence Reuters, qui cite plusieurs sources iraniennes, 400 missiles iraniens de la famille Fateh-110 (300 à 700 kilomètres) lui auraient été livrés depuis janvier, date à laquelle un accord aurait été conclu. On ignore combien de missiles nord-coréens la Russie s’est procuré, mais 24 ont été tirés en Ukraine entre le 30 décembre 2023 et le 7 février 2024, selon le procureur général, Andriy Kostin. D’après les experts qui ont analysé les débris et les trajectoires, il s’agit probablement de KN-23 et KN-24 d’une portée de l’ordre de 400 kilomètres.

Quid des avions de combat F-16 ?

Accédant à une demande de long-terme de la part du président ukrainien, les Etats-Unis ont, en août 2023, donné leur accord au transfert d’avions de combat F-16 à l’Ukraine. S’il existe une flotte potentielle de plus de 300 F-16 dans neuf pays d’Europe – en Belgique, au Danemark, en Grèce, aux Pays-Bas et au Portugal, entre autres –, tous les Etats qui en disposent ne sont pas en mesure d’en céder du jour au lendemain. 

Volodymyr Zelensky avait avancé le chiffre de 42 F-16 promis par les alliés occidentaux à Kiev, mais cette donnée n’a pas été confirmée. Le Danemark en a promis 19. Les 6 premiers ne devaient pas être livrés avant la fin de 2023, 8 autres suivront en 2024 et 5 en 2025, selon la première ministre danoise, Mette Frederiksen. Les Pays-Bas, qui en ont promis aussi, disposent de 42 unités, mais ils n’ont pas précisé combien ils comptaient en céder.

Par ailleurs, les pilotes ukrainiens doivent être formés à ces avions de combat américains. Onze pays alliés de Kiev se sont engagés à prendre en charge des pilotes. L’OTAN a estimé que les soldats ukrainiens ne seraient en mesure d’utiliser les avions en situation de combat qu’au début de 2024, d’autres experts visent plutôt l’été de la même année.

Quel soutien militaire ses alliés fournissent-ils à Kiev ?

Deux ans après le début de la guerre à grande échelle, la dynamique du soutien occidental à Kiev est en perte de vitesse : les aides nouvellement engagées sont en baisse sur la période d’août 2023 à janvier 2024 par rapport à la même période de l’année précédente, selon le dernier rapport de l’Institut Kiel, publié en février 2024. Et cette tendance pourrait se poursuivre, le Sénat américain peinant à faire voter des aides, et l’Union européenne (UE) ayant eu toutes les difficultés à faire adopter une aide de 50 milliards le 1er février 2024, du fait du blocage hongrois. A noter, ces deux paquets d’aide ne sont pas encore pris en compte dans le dernier bilan fait par l’Institut Kiel, qui s’arrête en janvier 2024.

Les données de l’institut allemand montrent que le nombre de donateurs se réduit et se concentre autour d’un noyau de pays : les Etats-Unis, l’Allemagne, les pays du nord et de l’est de l’Europe, qui promettent à la fois une aide financière élevée et de l’armement de pointe. Au total, depuis février 2022, les pays qui soutiennent Kiev se sont engagés à hauteur d’au moins 276 milliards d’euros sur le plan militaire, financier ou humanitaire.

En valeur absolue, les pays les plus riches se sont montrés les plus généreux. Les Etats-Unis sont de loin les premiers donateurs, avec plus de 75 milliards d’euros d’aide annoncés, dont 46,3 milliards en aide militaire. Les pays de l’Union européenne ont annoncé à la fois des aides bilatérales (64,86 milliards d’euros) et des aides communes provenant des fonds de l’Union européenne (93,25 milliards d’euros), pour un total de 158,1 milliards d’euros.

Lorsque l’on rapporte ces contributions au produit intérieur brut (PIB) de chacun des pays donateurs, le classement change. Les Etats-Unis rétrogradent au vingtième rang (0,32 % de leur PIB), bien après des pays voisins de l’Ukraine ou d’anciennes républiques soviétiques amies. L’Estonie prend la tête des aides rapportées au PIB avec 3,55 %, suivie du Danemark (2,41 %) et de la Norvège (1,72 %). Le reste du top 5 est complété par la Lituanie (1,54 %) et la Lettonie (1,15 %). Les trois Etats baltes, qui ont tous des frontières communes avec la Russie ou son alliée la Biélorussie, font partie des donateurs les plus généreux depuis le début du conflit.

Au classement du pourcentage de PIB, la France est vingt-septième, ayant engagé avec 0,07 % de son PIB, juste derrière la Grèce (0,09 %). L’aide fournie par Paris est en recul constant depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie – la France était vingt-quatrième en avril 2023, et treizième à l’été 2022.

Que sait-on des tensions à la frontière entre l’Ukraine et la Pologne ?

Depuis plusieurs mois, les relations sont difficiles entre l’Ukraine et la Pologne. Le transit des céréales en provenance d’Ukraine est au cœur des tensions. Au printemps 2022, la Commission européenne avait mis en place des « voies de solidarité Â» pour faciliter l’évacuation et la vente de produits agricoles ukrainiens, sans droits de douane, vers l’Afrique et le Moyen-Orient. Mais « depuis le début du conflit, ce sont près de 50 % des céréales ukrainiennes qui transitent ou achèvent leur parcours dans l’Union européenne (UE), selon la Fondation Farm, cercle de réflexion autour des questions agricoles mondiales. Or, ces céréales affichent un prix beaucoup plus bas que le blé produit en UE, notamment dans les pays d’Europe centrale Â».

Arguant que ces céréales déstabilisent le marché local et donc les revenus de leurs agriculteurs, la Pologne, la Bulgarie, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie avaient bloqué unilatéralement leurs importations en avril 2023. Un embargo que Bruxelles avait accepté, à condition qu’il n’empêche pas le transit vers d’autres pays et qu’il ne dure que quatre mois. Estimant que le problème de fond n’avait pas été réglé, Varsovie a décidé de ne pas rouvrir sa frontière aux céréales ukrainiennes à la fin de l’été, alors que Bruxelles estimait que l’embargo n’avait plus de raison d’être car ses analyses montraient « qu’il n’y avait plus de distorsion des marchés nationaux pour les céréales Â».

Les agriculteurs polonais bloquent depuis la frontière entre l’Ukraine et la Pologne pour empêcher les camions ukrainiens d’entrer sur le territoire national, les protestataires réclamant un Â« embargo complet Â» sur les produits agricoles et alimentaires ukrainiens. Ils dénoncent notamment l’explosion de leurs coûts de production alors que silos et entrepôts sont saturés et que les prix sont au plus bas. Le président ukrainien estimait au début de 2024 que le blocus de la frontière polonaise témoignait de « l’érosion de la solidarité Â» envers son pays, et a réclamé des pourparlers avec la Pologne. Â« Seul Moscou se réjouit » de ces tensions, a-t-il aussi affirmé, dénonçant Â« l’apparition de slogans ouvertement pro-Poutine ».


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