En Arménie, 156 manifestants opposés à un transfert de terres à l’Azerbaïdjan brièvement interpellés

Des manifestants arméniens protestent contre la cession de territoires à l’Azerbaïdjan voisin, place de la République, à Erevan, le 12 mai 2024. KAREN MINASYAN / AFP La police arménienne a annoncé l’interpellation puis la libération de 156 manifestants qui tentaient, lundi 13 mai, de bloquer des axes routiers de la capitale, Erevan, pour protester contre la décision de céder des


Des manifestants arméniens protestent contre la cession de territoires à l’Azerbaïdjan voisin, place de la République, à Erevan, le 12 mai 2024.

La police arménienne a annoncé l’interpellation puis la libération de 156 manifestants qui tentaient, lundi 13 mai, de bloquer des axes routiers de la capitale, Erevan, pour protester contre la décision de céder des terres à l’Azerbaïdjan, voisin et grand rival, dans le cadre de pourparlers de paix.

Les forces de l’ordre, qui avaient évoqué de premières interpellations pour « refus d’obtempérer » dans la matinée, ont ensuite déclaré que toutes les personnes arrêtées avaient été libérées.

Selon la même source, aucune rue d’Erevan n’est actuellement bloquée. Des centaines de manifestants s’étaient rassemblés lundi, selon des journalistes de l’Agence France-Presse, qui ont vu des policiers procéder à des interpellations dans la rue.

L’Arménie, pays du Caucase, est secouée depuis plusieurs semaines par des rassemblements de ce type, Bagrat Galstanian, le meneur de ce mouvement, réclamant la démission du premier ministre, Nikol Pachinian.

Ce dernier a accepté de remettre à son voisin quatre zones entourant des villages frontaliers dans la région de Tavouch, que les forces d’Erevan avaient saisis après la première guerre dans le Haut-Karabakh (1988-1994), ce qui avait contraint leurs habitants azerbaïdjanais à fuir. Cette région frontalière a un intérêt stratégique pour l’Arménie, en raison notamment du passage de l’axe routier avec la Géorgie et d’un gazoduc russe.

Craintes d’une nouvelle guerre

Le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, a assuré à la fin d’avril qu’un accord de paix avec l’Arménie était « plus proche que jamais ». Mais les craintes d’une nouvelle guerre restent très vives, alimentées par les affrontements armés qui éclatent régulièrement à la frontière. Nikol Pachinian estime que des compromis avec Bakou sont nécessaires pour éviter un nouvel embrasement. D’autant que l’Arménie, en position de faiblesse, ne peut plus compter sur l’aide de la Russie, son alliée traditionnelle, restée passive lors de l’offensive azerbaïdjanaise, en septembre 2023, dans le Haut-Karabakh et désormais considérée comme ayant trahi.

En plus de trente ans, l’Arménie et l’Azerbaïdjan se sont livré trois guerres pour le contrôle de l’enclave du Haut-Karabakh, que les Arméniens considèrent comme le berceau de leur patrie. Après sa victoire lors de la première guerre, Erevan a essuyé une défaite écrasante lors de la deuxième, à l’automne 2020. La dernière, survenue à l’issue de l’offensive éclair de Bakou, en septembre 2023, a conduit à la perte du Haut-Karabakh et à l’exode forcé des quelque 120 000 Arméniens qui y vivaient.

Outre les villages de la région de Tavouch, l’Azerbaïdjan réclame la création d’un couloir à travers la région arménienne de Siounik (Sud) afin d’avoir une liaison terrestre avec son enclave du Nakhitchevan.

De son côté, Erevan demande l’enclave d’Artsvashen (Bashkend en azéri), située en territoire azerbaïdjanais et contrôlée par Bakou depuis les années 1990, ainsi que les zones conquises par l’Azerbaïdjan au cours des trois dernières années et qui se trouvent à l’intérieur des frontières arméniennes.

Le Monde avec AFP

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