Elections européennes : le Parti animaliste espère envoyer des députés à Bruxelles

La candidate du Parti animaliste à l’élection présidentielle de 2022, Hélène Thouy, lors d’un meeting de campagne à Orléans, le 12 février 2022. JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP Un chien, un canard et puis… un chat. Hélène Thouy, tête de liste du Parti animaliste, a convoqué la presse, mercredi 22 mai, pour présenter l’affiche du Parti animaliste pour la


La candidate du Parti animaliste à l’élection présidentielle de 2022, Hélène Thouy, lors d’un meeting de campagne à Orléans, le 12 février 2022.

Un chien, un canard et puis… un chat. Hélène Thouy, tête de liste du Parti animaliste, a convoqué la presse, mercredi 22 mai, pour présenter l’affiche du Parti animaliste pour la campagne des européennes. Visuellement, les changements sont minimes. Même fond violet, le chien de 2019 avait la même posture que le chat de cette année, le slogan est mot pour mot le même – « les animaux comptent, votre voix aussi » –, mais, pour la tête de liste, la situation est différente cette année.

Hélène Thouy se souvient de la dernière campagne : « En 2019, on avait peu de notoriété, peu de budget. Il n’y avait pas un bulletin animaliste dans tous les bureaux de vote, faute de moyens. En plus de tout ça, on a bénéficié de peu de médiatisation, mais malgré cela, on a réussi à faire 2,2 % », se félicite l’avocate au barreau de Bordeaux.

Alors cette année, le parti, lancé en 2016, a un objectif clair : passer la barre des 5 % et envoyer ainsi des représentants au Parlement européen. « On se donne les moyens d’y arriver », souligne Hélène Thouy, ajoutant : « Il y aura nos bulletins dans tous les bureaux de vote, nous allons envoyer notre profession de foi à tous les électeurs, ce qu’on n’a jamais eu les moyens de faire auparavant. » Pour l’impression de ces professions de foi, le parti a eu recours à un prêt bancaire : « Il faut que tout le monde nous connaisse », justifie Hélène Thouy.

« Grande diversité de militants »

Le Parti animaliste bénéficie d’une sensibilité croissante au bien-être animal en France. « La cause animale est quelque chose qui me semble inscrit dans la durée », observe Bruno Cautrès, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Le politiste se rappelle qu’en 2019, le parti s’était démarqué : « Alors que le scrutin européen est particulièrement sujet à l’abstention, environ 500 000 personnes ont voté pour le parti, en 2019, faisant presque jeu égal avec les communistes. » La liste menée par Ian Brossat, pourtant personnalité politique plus connue qu’Hélène Thouy, n’avait convaincu que 2,49 % de l’électorat. « Parmi les plus petites listes, c’est celle qui avait créé le plus la surprise », affirme Bruno Cautrès.

La cause animale donne lieu à différents positionnements politiques, « de Brigitte Bardot à Aymeric Caron », rappelle Bruno Cautrès. Hélène Thouy en parle comme d’une « cause qui dépasse les couleurs politiques ». Le parti se présente lui-même comme « transpartisan ». « C’est rare qu’un parti politique se revendique transpartisan et monothématique », analyse Réjane Sénac, directrice de recherche CNRS au Cevipof, autrice de Comme si nous étions des animaux (Seuil, 2024, 72 pages, 4,90 euros), pour qui cela démontre la volonté de « faire de notre rapport aux animaux un sujet politique central à travers lequel les autres sont abordés – la santé, l’écologie, l’agriculture, la démocratie, la violence –, en s’adressant à un public le plus large possible ». Cela s’observe en regardant ses adhérents, selon la tête de liste animaliste : « Notre spécificité est notre grande diversité de militants, en matière d’origine sociale, d’âge, des ruraux comme des urbains. »

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La candidate du Parti animaliste à l’élection présidentielle de 2022, Hélène Thouy, lors d’un meeting de campagne à Orléans, le 12 février 2022.

Un chien, un canard et puis… un chat. Hélène Thouy, tête de liste du Parti animaliste, a convoqué la presse, mercredi 22 mai, pour présenter l’affiche du Parti animaliste pour la campagne des européennes. Visuellement, les changements sont minimes. Même fond violet, le chien de 2019 avait la même posture que le chat de cette année, le slogan est mot pour mot le même – « les animaux comptent, votre voix aussi » –, mais, pour la tête de liste, la situation est différente cette année.

Hélène Thouy se souvient de la dernière campagne : « En 2019, on avait peu de notoriété, peu de budget. Il n’y avait pas un bulletin animaliste dans tous les bureaux de vote, faute de moyens. En plus de tout ça, on a bénéficié de peu de médiatisation, mais malgré cela, on a réussi à faire 2,2 % », se félicite l’avocate au barreau de Bordeaux.

Alors cette année, le parti, lancé en 2016, a un objectif clair : passer la barre des 5 % et envoyer ainsi des représentants au Parlement européen. « On se donne les moyens d’y arriver », souligne Hélène Thouy, ajoutant : « Il y aura nos bulletins dans tous les bureaux de vote, nous allons envoyer notre profession de foi à tous les électeurs, ce qu’on n’a jamais eu les moyens de faire auparavant. » Pour l’impression de ces professions de foi, le parti a eu recours à un prêt bancaire : « Il faut que tout le monde nous connaisse », justifie Hélène Thouy.

« Grande diversité de militants »

Le Parti animaliste bénéficie d’une sensibilité croissante au bien-être animal en France. « La cause animale est quelque chose qui me semble inscrit dans la durée », observe Bruno Cautrès, chercheur au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Le politiste se rappelle qu’en 2019, le parti s’était démarqué : « Alors que le scrutin européen est particulièrement sujet à l’abstention, environ 500 000 personnes ont voté pour le parti, en 2019, faisant presque jeu égal avec les communistes. » La liste menée par Ian Brossat, pourtant personnalité politique plus connue qu’Hélène Thouy, n’avait convaincu que 2,49 % de l’électorat. « Parmi les plus petites listes, c’est celle qui avait créé le plus la surprise », affirme Bruno Cautrès.

La cause animale donne lieu à différents positionnements politiques, « de Brigitte Bardot à Aymeric Caron », rappelle Bruno Cautrès. Hélène Thouy en parle comme d’une « cause qui dépasse les couleurs politiques ». Le parti se présente lui-même comme « transpartisan ». « C’est rare qu’un parti politique se revendique transpartisan et monothématique », analyse Réjane Sénac, directrice de recherche CNRS au Cevipof, autrice de Comme si nous étions des animaux (Seuil, 2024, 72 pages, 4,90 euros), pour qui cela démontre la volonté de « faire de notre rapport aux animaux un sujet politique central à travers lequel les autres sont abordés – la santé, l’écologie, l’agriculture, la démocratie, la violence –, en s’adressant à un public le plus large possible ». Cela s’observe en regardant ses adhérents, selon la tête de liste animaliste : « Notre spécificité est notre grande diversité de militants, en matière d’origine sociale, d’âge, des ruraux comme des urbains. »

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