Crise Énergétique en Équateur : Records Historiques de Déficit Hydroélectrique et Mesures d’Urgence

Le déficit hydroélectrique ayant «dépassé un record historique» en Équateur, le gouvernement, après avoir décrété «l'état d'urgence» énergétique, a ordonné mercredi deux jours chômés pour rationner l'électricité et remettre à niveau les installations du pays. «Des hauts fonctionnaires de l'État, y compris la ministre sortante Andrea Arrobo, ont dissimulé volontairement des informations cruciales sur le


Équateur : l’électricité rationnée pour cause de déficit énergétique «historique»

Déficit hydroélectrique record et mesures d’urgence en Équateur

Le déficit hydroélectrique ayant « dépassé un record historique » en Équateur, le gouvernement, après avoir décrété « l’état d’urgence » énergétique, a ordonné mercredi deux jours chômés pour rationner l’** électricité** et remettre à niveau les installations du pays.

Corruption et Négligence : la Présidence Dénonce

« Des hauts fonctionnaires de l’État, y compris la ministre sortante Andrea Arrobo, ont dissimulé volontairement des informations cruciales sur le fonctionnement du système national électrique », a affirmé la présidence dans un communiqué qui dénonce des « actes inédits de corruption et de négligence ». « Parmi les faits les plus frappants, des stocks critiques de plusieurs réserves d’eau et déficits de débit de centrales hydroélectriques (…) une situation qui dépasse des records historiques », a ajouté la présidence.

« Sabotages »

Les réservoirs d’eau de Mazar (le plus important) et de Paute, tous deux situés dans les Andes méridionales affichent respectivement des niveaux de réserve de 0% et 4%. Par ailleurs, le débit de la plus grande centrale hydroélectrique du pays, Coca Codo Sinclair (nord de l’Amazonie), qui fournit 30% de la demande nationale et génère 1500 MW d’énergie, souffre d’un déficit de 40% par rapport à la moyenne historique.

À l’échelle nationale, le déficit énergétique à partir de ce mois d’avril sera « entre 22 et 27 GWh par jour ». En plus de l’annulation de 50% de la facture électrique des foyers pour avril (une mesure annoncée mardi), la présidence a décrété jeudi et vendredi des jours chômés. Ils permettront un rationnement de l’électricité, dont les détails seront annoncés ultérieurement, et l’entretien des centrales électriques, ajoute le communiqué. Une enquête a été ouverte et présentée à la procureure générale contre « 22 saboteurs » présumés, toujours selon la présidence.

Mardi, le président Daniel Noboa, évoquant la sécheresse mais aussi de mystérieux « sabotages », avait décrété « l’urgence » dans le secteur de l’électricité et exigé la démission de Mme Arrobo, nommant à sa place Roberto Luque, chargé du ministère des Transports et des Travaux publics. Selon Daniel Noboa, élu fin 2023 pour 18 mois, des fonctionnaires de haut niveau « ont intentionnellement dissimulé des informations cruciales pour le fonctionnement du système électrique national ».

Depuis le début de la semaine, le ministère de l’Énergie a mis en place un « rationnement temporaire » de l’électricité, dont l’impact, différent selon les localités et régions, reste pour l’instant difficile à mesurer. Dans la capitale Quito, ils s’appliquent par secteur et par période allant jusqu’à six heures par jour. Lundi également, la Colombie a annoncé avoir cessé d’exporter de l’électricité vers l’Équateur afin de faire face à ses propres problèmes de production générés par la grave sécheresse provoquée par le phénomène El Niño.

Référendum

Cette crise intervient à quatre jours d’une consultation populaire et d’un référendum voulus par Daniel Noboa et dont les thèmes principaux sont la lutte contre le trafic de drogue et la criminalité. Quelque 13,6 millions d’électeurs (sur une population de 17,7 millions) sont appelés à décider, par exemple, s’ils sont d’accord avec l’extradition d’Équatoriens liés au crime organisé. « Ils ont essayé de nous berner avec des sabotages dans le secteur de l’électricité, ils ont essayé de nous arnaquer avec une campagne sale (…) parce qu’ils sont nerveux à l’idée que le oui va gagner », a accusé mercredi Daniel Noboa lors d’un événement organisé dans la station balnéaire d’Atacames (nord-ouest).

Gangréné par le narcotrafic, mais aussi la corruption, l’Équateur fait face depuis mi-janvier à une grave crise sécuritaire provoquée par les gangs criminels. Le président a déclaré le pays en « conflit armé interne » et a déployé l’armée pour neutraliser une vingtaine de ces groupes. Sur le plan politique, le président Noboa doit composer avec une opposition dispersée mais majoritaire au Parlement et dominée par les partisans de l’ancien chef de l’État socialiste Rafael Correa (2007-2017, en exil après sa condamnation pour corruption).

L’intrusion le 5 avril de la police équatorienne dans l’ambassade du Mexique pour y interpeller un proche de Rafael Correa, condamné pour corruption, a ravivé les tensions avec cette opposition, en plus du tollé international et de la condamnation de plusieurs pays d’Amérique Latine dirigés par la gauche.


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