Comment Eric Ciotti a orchestré avec Vincent Bolloré l’annonce de son ralliement au RN

Eric Ciotti, président exclu du parti Les Républicains, à Paris, le 6 mai 2024. JULIEN DE ROSA / AFP Lundi 10 juin, juste au lendemain des élections européennes, Eric Ciotti a pris contact avec Jordan Bardella et Marine Le Pen. Il s’est aussi rendu au 51, boulevard de Montmorency, dans le 16e arrondissement à Paris, pour rencontrer


Eric Ciotti, président exclu du parti Les Républicains, à Paris, le 6 mai 2024.

Lundi 10 juin, juste au lendemain des élections européennes, Eric Ciotti a pris contact avec Jordan Bardella et Marine Le Pen. Il s’est aussi rendu au 51, boulevard de Montmorency, dans le 16e arrondissement à Paris, pour rencontrer Vincent Bolloré. Le président du parti Les Républicains (LR) n’a encore rien dit dans son propre parti de sa décision de faire alliance avec le Rassemblement national (RN), mais il est venu en imaginer l’annonce avec le grand patron, propriétaire notamment de CNews, Paris Match, Europe 1 et Le Journal du dimanche.

Cela fait longtemps, déjà, que Vincent Bolloré caresse l’idée d’une « union des droites », comme il appelle cette potentielle alliance entre le RN et LR. A plusieurs reprises, il en a esquissé la possibilité devant des journalistes et des éditeurs, collaborateurs de son groupe. Devant quelques élus, aussi, qui viennent le visiter dans cet immeuble de trois étages sur le perron duquel flotte un drapeau breton et qui abrite sa holding familiale, La Compagnie de l’Odet. Eric Ciotti en fait partie.

Les deux hommes se connaissent depuis quelques années. « Nous sommes tous deux préoccupés par la préservation de l’identité française », reconnaissait en novembre 2021 devant Le Monde le très droitier président des Républicains en évoquant ses liens avec le milliardaire. Chaque été, depuis plusieurs années, Eric Ciotti, qui rêve de conquérir Nice et domine la puissante fédération LR des Alpes-Maritimes, rencontre en effet le patron breton dans le sud de la France, lorsque ce dernier vient passer les vacances dans sa maison de Saint-Tropez, dans le Var. Ils ont aussi pris l’habitude de déjeuner régulièrement ensemble, de retour à Paris.

Situation favorable

Déjà, c’est quelques heures après un tête-à-tête avec Vincent Bolloré, à l’hiver 2021, qu’Eric Ciotti avait annoncé publiquement qu’il voterait Eric Zemmour au cas où, lors de la présidentielle suivante, le patron de Reconquête !, se retrouverait au second tour face à Emmanuel Macron. Puis, sur CNews, il avait appelé « les soutiens et potentiels électeurs d’Eric Zemmour » à adhérer à LR afin de voter pour lui à la primaire de la droite où il était candidat… Las, Ciotti avait été battu au second tour de la primaire LR par Valérie Pécresse et, six mois plus tard, en avril 2022, Zemmour avait à peine dépassé les 7 % au premier tour de la présidentielle.

Lire l’enquête (2021) : Article réservé à nos abonnés Comment Vincent Bolloré mobilise son empire médiatique pour peser sur la présidentielle

Cette fois, pourtant, la situation paraît bien plus favorable à leurs yeux. Le RN est arrivé franchement en tête de l’élection européenne, Les Républicains sont menacés de perdre plusieurs de leurs bastions et le rassemblement possible des gauches peut être un chiffon rouge pour les électeurs de droite. Une scission des Républicains est désormais possible, pensent-ils, et une bonne partie des cadres et des élus pourraient rejoindre le parti d’extrême droite. Vincent Bolloré l’espère depuis longtemps.

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Eric Ciotti, président exclu du parti Les Républicains, à Paris, le 6 mai 2024.

Lundi 10 juin, juste au lendemain des élections européennes, Eric Ciotti a pris contact avec Jordan Bardella et Marine Le Pen. Il s’est aussi rendu au 51, boulevard de Montmorency, dans le 16e arrondissement à Paris, pour rencontrer Vincent Bolloré. Le président du parti Les Républicains (LR) n’a encore rien dit dans son propre parti de sa décision de faire alliance avec le Rassemblement national (RN), mais il est venu en imaginer l’annonce avec le grand patron, propriétaire notamment de CNews, Paris Match, Europe 1 et Le Journal du dimanche.

Cela fait longtemps, déjà, que Vincent Bolloré caresse l’idée d’une « union des droites », comme il appelle cette potentielle alliance entre le RN et LR. A plusieurs reprises, il en a esquissé la possibilité devant des journalistes et des éditeurs, collaborateurs de son groupe. Devant quelques élus, aussi, qui viennent le visiter dans cet immeuble de trois étages sur le perron duquel flotte un drapeau breton et qui abrite sa holding familiale, La Compagnie de l’Odet. Eric Ciotti en fait partie.

Les deux hommes se connaissent depuis quelques années. « Nous sommes tous deux préoccupés par la préservation de l’identité française », reconnaissait en novembre 2021 devant Le Monde le très droitier président des Républicains en évoquant ses liens avec le milliardaire. Chaque été, depuis plusieurs années, Eric Ciotti, qui rêve de conquérir Nice et domine la puissante fédération LR des Alpes-Maritimes, rencontre en effet le patron breton dans le sud de la France, lorsque ce dernier vient passer les vacances dans sa maison de Saint-Tropez, dans le Var. Ils ont aussi pris l’habitude de déjeuner régulièrement ensemble, de retour à Paris.

Situation favorable

Déjà, c’est quelques heures après un tête-à-tête avec Vincent Bolloré, à l’hiver 2021, qu’Eric Ciotti avait annoncé publiquement qu’il voterait Eric Zemmour au cas où, lors de la présidentielle suivante, le patron de Reconquête !, se retrouverait au second tour face à Emmanuel Macron. Puis, sur CNews, il avait appelé « les soutiens et potentiels électeurs d’Eric Zemmour » à adhérer à LR afin de voter pour lui à la primaire de la droite où il était candidat… Las, Ciotti avait été battu au second tour de la primaire LR par Valérie Pécresse et, six mois plus tard, en avril 2022, Zemmour avait à peine dépassé les 7 % au premier tour de la présidentielle.

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Cette fois, pourtant, la situation paraît bien plus favorable à leurs yeux. Le RN est arrivé franchement en tête de l’élection européenne, Les Républicains sont menacés de perdre plusieurs de leurs bastions et le rassemblement possible des gauches peut être un chiffon rouge pour les électeurs de droite. Une scission des Républicains est désormais possible, pensent-ils, et une bonne partie des cadres et des élus pourraient rejoindre le parti d’extrême droite. Vincent Bolloré l’espère depuis longtemps.

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