«Ça n’a aucun sens» : à Marseille, des fleurs artificielles dans les arbres créent la discorde

Le Figaro Marseille Éric Akopian ne décolère pas. Quand il a reçu des images de fleurs artificielles roses qui décoraient les arbres près de la Major à Marseille, à quelques mètres de la mer Méditerranée, le président de l’association écologiste «Clean my calanques» a tenu à se rendre sur place pour le voir de ses


Le Figaro Marseille

Éric Akopian ne décolère pas. Quand il a reçu des images de fleurs artificielles roses qui décoraient les arbres près de la Major à Marseille, à quelques mètres de la mer Méditerranée, le président de l’association écologiste «Clean my calanques» a tenu à se rendre sur place pour le voir de ses propres yeux. «Ils ont foutu des fausses fleurs dans les arbres, s’indigne le Marseillais auprès du Figaro. Quand je suis arrivé sur place, avec le mistral, il y avait déjà plein de fleurs par terre. Et on est à 100 mètres de l’eau. Ça va finir dans la Méditerranée, et ça va être mangé dans les poissons. Bon appétit ! Ça n’a aucun sens ! Personne ne peut être parfait, mais au bout d’un moment il faut que tout le monde fasse des efforts. C’est joli, mais ça finit par terre et dans l’eau!»

Dans un premier réel visionné par près de 600.000 personnes en moins de 24 heures, le président de «Clean my calanques» a partagé sur Instagram son exaspération, accusant la ville de Marseille d’avoir installé des fleurs en plastique à l’occasion de l’arrivée de la flamme olympique à bord du Belem le 8 mai. Les images montrent également des fleurs roses par terre, à quelques mètres de l’eau.

Des fleurs en rayonne

Toutefois, selon nos informations, l’installation de ces fleurs est une initiative de l’association des commerçants des voûtes de la Major, réalisée après une autorisation de la mairie de Marseille. «Ça n’a rien à voir avec les Jeux olympiques, soupire Sandra Chalinet, coordinatrice des Voûtes de la Major. On n’avait fait la même chose l’an dernier à la même date sans que ça pose de problème à personne. L’année d’avant, on avait installé des rubans multicolores. C’est un geste artistique et de design, qu’on fait de mai à septembre. Ce sont des décorations, comme des décorations de Noël, qu’on met chaque année à cette période, dans le cadre de notre budget marketing.»

De plus, ces fleurs ne sont pas en plastique, mais en rayonne. «C’est une matière naturelle et ces fleurs sont recyclables, s’agace Sandra Chalinet. Ça ne pollue pas plus qu’une toile de bateau qui tombe dans la mer. C’est un tissu en fibre naturelle.» «Les poissons sont ravis de le savoir», rétorque Éric Akopian, qui pointe notamment la présence de colorants toxiques dans la rayonne. «L’installation a été faite avec l’autorisation de la ville de Marseille», insiste Sandra Chalinet.

«Ce projet d’occupation de l’espace public porté par l’association des commerçants des Voûtes de la Major a été accepté par la ville de Marseille et la métropole, confirme-t-on du côté de l’Hôtel de ville. En effet, cette initiative répond à un cahier des charges respectueux des critères environnementaux portés par la municipalité, et s’inscrit dans la politique d’engagement des commerçants en faveur de l’embellissement de l’espace public.» Un cahier des charges qui stipule notamment le fait qu’«il n’y a pas de création de déchets» selon la mairie de Marseille.