Avortement : le Danemark va allonger de douze à dix-huit semaines le délai légal de recours à l’IVG

Des militantes en faveur du droit à l’avortement devant la Cour suprême, à Washington, DC, le 24 avril 2024. Plus de 40 % des femmes en âge d’avoir des enfants vivent dans des Etats dont la législation empêche ou limite le droit à interrompre une grossesse. MARIAM ZUHAIB / AP Le Danemark va allonger de douze à dix-huit


Avortement : le Danemark va allonger de douze à dix-huit semaines le délai légal de recours à l’IVG
Des militantes en faveur du droit à l’avortement devant la Cour suprême, à Washington, DC, le 24 avril 2024. Plus de 40 % des femmes en âge d’avoir des enfants vivent dans des Etats dont la législation empêche ou limite le droit à interrompre une grossesse.

Le Danemark va allonger de douze à dix-huit semaines de grossesse le délai légal de recours à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), a annoncé, vendredi 3 mai, le ministère de la santé, alors que le droit à l’avortement est contesté dans un certain nombre de pays.

« Après cinquante ans, il est temps que les règles relatives à l’avortement évoluent et que nous renforcions le droit des femmes à l’autodétermination », a dit la ministre de l’intérieur et de la santé danoise, Sophie Lohde, citée dans un communiqué.

« Désormais, les femmes auront le temps et le droit de réfléchir à ce qui doit se passer », s’est félicitée la présidente de l’Association médicale danoise, Camilla Rathke, auprès de l’agence de presse Ritzau.

En outre, les Danoises âgées de 15 à 17 ans auront le droit d’avorter sans le consentement de leurs parents.

Alors que le droit à l’avortement est contesté, voire interdit, dans certaines parties du monde, il a été introduit au Danemark en 1973 ; à l’automne dernier, une majorité des membres du Conseil d’éthique avait recommandé de prolonger le délai à dix-huit semaines, comme en Suède. « Une limite de dix-huit semaines laisse encore une marge considérable par rapport à la viabilité [du fœtus] vers la semaine vingt-deux », avait souligné le conseil.

IVG dans la Constitution en France

Le projet de loi, qui est soutenu par l’ensemble de l’opposition de gauche, doit être présenté au Parlement lors de la session 2024-2025 et doit entrer en vigueur au 1er juin 2025.

A l’échelle mondiale, 40 % des femmes vivent dans un pays qui restreint ou interdit le droit à l’IVG, selon l’ONG américaine Center for Reproductive Rights (CRR), qui observe depuis trente ans les évolutions législatives sur l’avortement dans le monde.

En Europe occidentale, le délai de recours à l’IVG est de vingt-quatre semaines au Royaume-Uni et aux Pays-Bas et de vingt-deux en Islande.

Acquis depuis 1975 en France par la loi Veil, le droit à l’IVG a été renforcé en mars 2022 par un texte qui prévoit l’allongement du délai à la quatorzième semaine de grossesse. Réunis en Congrès à Versailles le 4 mars 2024, les parlementaires ont adopté la révision constitutionnelle visant à garantir « la liberté » d’avoir recours à une IVG.

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Malgré tout, l’accès à l’IVG demeure fragile dans les faits : le recours à l’avortement, en hausse ces dernières années, reste inégal selon le profil ou le niveau social des femmes et selon la disponibilité des structures près de leur lieu de résidence. La notion de « liberté garantie », et non celle de droit, a relancé la question des moyens alloués à cette politique de santé publique.

Le Monde avec AFP

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