Ascometal, en redressement judiciaire, voit son avenir fortement compromis après le retrait de l’italien Venete

Sur le site Ascométal situé à Hagondange (Moselle), en novembre 2022. MAURY GOLINI / PHOTOPQR / LE REPUBLICAIN LORRAIN / MAXPPP « L’annonce a fait l’effet d’un coup de massue sur les salariés. » Yann Amadoro, délégué CGT d’Ascometal, est sonné. Comme tout le reste de la société, le syndicaliste a appris, vendredi 24 mai, le désengagement du groupe


Sur le site Ascométal situé à Hagondange (Moselle), en novembre 2022.

« L’annonce a fait l’effet d’un coup de massue sur les salariés. » Yann Amadoro, délégué CGT d’Ascometal, est sonné. Comme tout le reste de la société, le syndicaliste a appris, vendredi 24 mai, le désengagement du groupe italien Venete, seul repreneur connu à ce jour du pôle auto de l’aciériste. Cette nouvelle met en péril l’avenir de trois des cinq sites de la société, actuellement en redressement judiciaire. Deux sont en Lorraine, à Hagondange (Moselle) qui abrite le siège social, le centre de recherche et une usine et à Custines (Meurthe-et-Moselle). Le troisième est à Saint-Etienne. En cumulé, cela représente 627 emplois.

« Il n’y a plus de dialogue entre Venete et Swiss Steel [l’actuel propriétaire], ce qui met en péril la reprise car il n’y a aucun plan B », poursuit Yann Amadoro.

Le dépôt limite des candidatures de reprise est en effet fixé au lundi 27 mai, le tribunal de Strasbourg devant se prononcer le 30 mai. La mauvaise nouvelle a été communiquée jeudi soir aux administrateurs judiciaires par courrier. Dans cette missive, Venete explique renoncer en raison d’une des conditions suspensives émises : celle exigeant que le désamiantage et le dépoussiérage de l’usine située à Hagondange, qui s’élève à 11 millions d’euros, soit pris en charge par le groupe Swiss Steel.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Ascométal : vers un troisième redressement judiciaire en dix ans

« Cette condition présente un caractère essentiel pour [le groupe] Venete, parfaitement étranger à ces risques environnementaux et qui ne saurait les supporter. Malgré vos efforts et ceux du Comité interministériel de restructuration industrielle [CIRI], rien ne nous permet de conclure que Swiss Stell prendra en charge ces frais », écrit aux administrateurs Alessandro Banzato, le président de la société italienne, dans ce courrier que nous avons pu consulter. « Il n’est pas question de continuer à mobiliser notre management quotidiennement, à déployer des efforts considérables et à supporter des coûts pour obtenir la satisfaction des autres conditions suspensives alors que cette condition, annoncée de longue date, ne sera manifestement jamais satisfaite », poursuit le dirigeant.

La CGT organise une mobilisation massive dès lundi 27 mai

L’annonce a été faite ce vendredi matin aux élus. La CGT, très remontée, organise une mobilisation massive dès lundi 27 mai : « Pour les salariés, la question n’est pas de savoir qui est en tort, mais de trouver une solution qui garantisse la reprise de la société et la sauvegarde des emplois. Jeudi soir encore, nous étions en contact avec le CIRI qui s’était montré plutôt rassurant sur ce point : “Tout est sous contrôle”, “Nous allons jouer les médiateurs pour trouver une solution”, nous disait-on. Voilà le résultat ! Après tous ces mois passés à jouer les médiateurs, la situation échappe totalement à ce même gouvernement qui dit vouloir replacer l’industrie au cœur des priorités. »

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Sur le site Ascométal situé à Hagondange (Moselle), en novembre 2022.

« L’annonce a fait l’effet d’un coup de massue sur les salariés. » Yann Amadoro, délégué CGT d’Ascometal, est sonné. Comme tout le reste de la société, le syndicaliste a appris, vendredi 24 mai, le désengagement du groupe italien Venete, seul repreneur connu à ce jour du pôle auto de l’aciériste. Cette nouvelle met en péril l’avenir de trois des cinq sites de la société, actuellement en redressement judiciaire. Deux sont en Lorraine, à Hagondange (Moselle) qui abrite le siège social, le centre de recherche et une usine et à Custines (Meurthe-et-Moselle). Le troisième est à Saint-Etienne. En cumulé, cela représente 627 emplois.

« Il n’y a plus de dialogue entre Venete et Swiss Steel [l’actuel propriétaire], ce qui met en péril la reprise car il n’y a aucun plan B », poursuit Yann Amadoro.

Le dépôt limite des candidatures de reprise est en effet fixé au lundi 27 mai, le tribunal de Strasbourg devant se prononcer le 30 mai. La mauvaise nouvelle a été communiquée jeudi soir aux administrateurs judiciaires par courrier. Dans cette missive, Venete explique renoncer en raison d’une des conditions suspensives émises : celle exigeant que le désamiantage et le dépoussiérage de l’usine située à Hagondange, qui s’élève à 11 millions d’euros, soit pris en charge par le groupe Swiss Steel.

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« Cette condition présente un caractère essentiel pour [le groupe] Venete, parfaitement étranger à ces risques environnementaux et qui ne saurait les supporter. Malgré vos efforts et ceux du Comité interministériel de restructuration industrielle [CIRI], rien ne nous permet de conclure que Swiss Stell prendra en charge ces frais », écrit aux administrateurs Alessandro Banzato, le président de la société italienne, dans ce courrier que nous avons pu consulter. « Il n’est pas question de continuer à mobiliser notre management quotidiennement, à déployer des efforts considérables et à supporter des coûts pour obtenir la satisfaction des autres conditions suspensives alors que cette condition, annoncée de longue date, ne sera manifestement jamais satisfaite », poursuit le dirigeant.

La CGT organise une mobilisation massive dès lundi 27 mai

L’annonce a été faite ce vendredi matin aux élus. La CGT, très remontée, organise une mobilisation massive dès lundi 27 mai : « Pour les salariés, la question n’est pas de savoir qui est en tort, mais de trouver une solution qui garantisse la reprise de la société et la sauvegarde des emplois. Jeudi soir encore, nous étions en contact avec le CIRI qui s’était montré plutôt rassurant sur ce point : “Tout est sous contrôle”, “Nous allons jouer les médiateurs pour trouver une solution”, nous disait-on. Voilà le résultat ! Après tous ces mois passés à jouer les médiateurs, la situation échappe totalement à ce même gouvernement qui dit vouloir replacer l’industrie au cœur des priorités. »

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